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Commission d'enquête Samusocial - "Le mail de Degueldre est un acte désespéré " (C.Thielens)

Jeudi 13 juillet 2017

Le mail du président du conseil d'administration du Samusocial, le Pr Michel Degueldre, demandant des informations sur la vie de deux journalistes et du député Alain Maron, est selon Christophe Thielens "l'acte d'un homme désespéré par la situation". Il y demandait "une recherche approfondie sur la vie, les études, habitudes, convictions, amis, familles des deux vedettes journalistiques du Vif et de la RTBF et du député Ecolo. J 'aimerais mieux comprendre leurs motivations, liens et éventuelles aspirations. L'époque des "gentils" est terminée. " 

Aucune suite n'y a été donnée, a affirmé jeudi Christophe Thielens, responsable du service communication du Samusocial, devant la commission d'enquête du parlement bruxellois.

M. Thielens a confirmé avoir reçu ce mail le 25 mai alors qu'il était en vacances. "Cela m'a stupéfait. Pour moi, c'était une tentative d'un homme désespéré. Je ne pense pas que Michel Degueldre soit un homme dangereux, mais je comprends que cela puisse donner lieu à des interprétations", a expliqué le chargé de communication.

Il a estimé que M. Degueldre était motivé par des considérations humaines dans son action au Samusocial, dont il est devenu président du CA à l'occasion de l'accession d'Yvan Mayeur au maïorat de la Ville de Bruxelles en 2013. Toujours selon Christophe Thielens, la présence et le soutien dont a fait preuve M. Degueldre était très bien perçue par le personnel.

"Il avait à coeur de bien faire les choses dans la mesure de ses possibilité car Pascale Peraïta était le vrai patron, avec la bénédiction de M. Mayeur qui restait notre autorité ultime. Cela faisait du bien d'entendre un discours humanitaire qui prédominait dans son cas et non un agenda politique", a-t-il commenté.

Fort d'une expérience auprès de Médecins sans frontières, Christophe Thielens, a également exercé depuis 2003, la fonction de coordinateur de nuit au Samusocial. Il y est devenu chargé de la communication en 2009, lorsque l'association a pris de l'ampleur.

Au cours de son audition jeudi matin, il a également dit ne "toujours pas comprendre" actuellement les décisions du conseil d'administration par rapport aux questions que se posaient les journalistes à propos des jetons de présence.

"Du début à la fin les réponses ont été maladroites. J'étais désemparé face au déni de M. Degueldre, de Mmes Peraita et Vierset, aux réactions hallucinantes qu'ils pouvaient avoir à propos des questions de la presse et à leur attitude guerrière. Ils voyaient plus largement les questions de la presse comme une attaque à laquelle on répondait par une attaque. C'était une dynamique voulue par certains: Mme Peraita avec la bénédiction de M. Mayeur", a-t-il commenté.

M. Thielens a indiqué ne "plus être dans un rapport privilégié" avec l'ex-directrice du Samusocial, Pascale Peraïta, depuis une période précédant le départ de celle-ci pour le CPAS de la Ville de Bruxelles en 2013. Selon lui, en quittant ce poste, Mme Peraïta n'a pas voulu renoncer à son autorité sur le Samusocial. Cela s'est traduit par une adaptation de la structure en une "co-direction" qui lui permettait de garder la main.

"Il ne s'agissait pas de travailler en tout autonomie en-dehors d'elle. Elle était impliquée dans toutes les décisions et intervenait parfois de manière impromptue avec la direction", a-t-il expliqué.

M. Thielens a précisé que la direction opérationnelle et lui-même "naviguent actuellement à vue après la chute d'une bombe atomique". Il n'a plus aucun contact avec l'administratrice déléguée du Samusocial depuis l'article du Soir dans lequel celle-ci et le président du CA ont livré leur explication à propos des jetons de présence.

D'après lui, le président du CA se sent investi d'une mission: essayer d'assurer la meilleure transition possible vers une nouvelle structure. M. Degueldre est venu très régulièrement au Samusocial. "Je lui ai dit qu'il ne devait à mon sens plus venir, mais à aucun moment il n'a tenté d'influencer notre communication", a-t-il souligné.

Enfin, d'après le chargé de communication, le CA de l'ASBL a démissionné après que les directeurs opérationnels eurent menacé de démissionner collectivement s'il ne le faisait pas.

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