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Critiques autour des chiffres de l’audit PMG

M.L. - Mardi 8 août 2017
M.L.

Début juillet, Maggie De Block a dévoilé, lors d’une réunion à son cabinet, sa vision pour l’avenir des postes de garde de médecine générale. Johan Wuyts, le médecin qui préside le cercle HAZOH (le Huisartsenkring Zuid-Oost-Hageland, en Brabant flamand) et dirige le PMG de Tirlemont, nourrit des doutes sur certaines conclusions ministérielles. Lesquelles sont d’après lui tirées de chiffres prêtant le flanc à la critique. 

La vision de Maggie De Block ne pousse certes pas le poste de Tirlemont dans ses derniers retranchements. En s’occupant d’une population de 90.000 habitants, il s’approche déjà notablement du fameux critère des 100.000 âmes. Surtout si l’on tient compte du fait que la ville de Landen n’est pas encore rattachée à un PMG, alors que les autorités veulent voir d’ici quatre ans le pays entièrement couvert par ces structures. En outre, il serait possible d’organiser dans l’est du Brabant flamand l’un de ces réseaux de postes desservant 400.000 citoyens, tels que préconisés par le cabinet.

«Mais je pense que les généralistes et la ministre ont des points de vue différents sur une série d’éléments», a déclaré le Dr Wuyts. «Les autorités suggèrent que l’on ferme une partie des postes la nuit, en laissant un poste central couvrir une zone de 400.000 habitants. A en croire l’audit, un poste n’assure pas plus de 2,4 contacts par nuit en moyenne, ce qui en rend l’organisation dans sa forme actuelle non rentable. Primo, on peut s’interroger: des soins de santé doivent-ils être rentables?» Secundo, pour le MG flamand, alors que plus de 50 postes sont aujourd’hui en activité, les données de 27 d’entre eux seulement étaient disponibles pour l’audit. Et ces données étaient hautement hétérogènes: dans certains PMG, la nuit est réputée commencer à 19h; dans d’autres, c’est à minuit.

Le président de l’HAZOH termine en évoquant l’aspect humain, sous la couche organisationnelle. «Ici, dans la région, la moitié des confrères exercent encore en solo. Si vous êtes mobilisé la nuit du dimanche pour répondre aux demandes d’une population de 400.000 personnes et que votre garde s’avère chargée, il sera difficile d’être opérationnel le lundi matin pour assurer vos propres consultations. Des discussions auront bientôt lieu au cabinet sur toute cette vision. Nous allons y clarifier notre point de vue.»

Les commentaires du Dr Wuyts ne sont pas sans rappeler que la nuit profonde, et l’hypothèse d’une abolition de la garde MG durant cette période, est un sujet qui a régulièrement divisé la profession, (entre autres) selon un axe nord-sud. Quant à la fatigue accumulée durant la garde qui hypothèque les consultations du lundi matin, elle fait partie des arguments traditionnellement présentés par le FAG pour lancer le débat sur l’honoraire de garde décent, permettant au MG de s’offrir un temps de récupération au lendemain de son service de garde. 

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