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Estonie versus Belgique (Frank Ponsaert)

Jeudi 13 juillet 2017

Depuis ce 1er juillet l’Estonie a pris la présidence de l’Union Européenne. Connue pour être la nation la plus numérisée d’Europe, championne en e-santé,  l’occasion était belle de faire la comparaison avec notre pays. 

Regardons les récents événements en Belgique.

La fumée blanche par rapport à la prime de pratique intégrée donne pour le moins lieu à des sentiments mitigés. Les critères pour inciter les médecins à l’utilisation de l’e-Santé sont maintenus au même niveau que l’année dernière. Le généraliste doit seulement satisfaire à un critère supplémentaire pour obtenir la même prime qu’en 2016, mais le médecin reçoit déjà la prime maximale s’il rédige un Sumehr pour seulement 50% de ses patients, s’il prescrit de façon électronique seulement pour 25%, s’il facture de manière électronique seulement pour 20% de sa patientèle !

L’ Arrêté Royal qui soutient les projets pilotes “soins intégrés” a été fusillé par le Conseil d’Etat et le programme de soutien Tetrys est réduit au volet purement administratif (absolument nécessaire) , qui sera fourni au plus tôt début 2018.

L’Ordre des pharmaciens, ainsi que les organisations de patients, émettent un avis négatif sur les pharmacies “on line”, quelques semaines après que l’Ordre des médecins se soit une nouvelle fois prononcé négativement sur la téléconsultation.

Et tout ceci alors que la semaine dernière, l’Estonie donnait le coup d’envoi d’une présidence de l’Union Européenne pour six mois et arrive avec un programme impressionnant en matière de soins de santé numériques. L’une des principales priorités du gouvernement estonien dans le programme de la présidence est le développement du marché interne digital (DSM) et l’économie digitale en Europe, avec plus de services et d’avantages pour les citoyens de l’UE.

Le cinquième droit concernant la libre circulation des données (à côté de la libre circulation des personnes, des services, des produits et des capitaux) constitue un défi de taille pour permettre le DSM en Europe. Les services dans les soins de santé relèvent aussi de cette transformation digitale et la présidence de l’UE estonienne vise le développement et l’implémentation des soins de santé digitaux dans toute l’Europe.

Dès l’arrivée à la présidence, le concept de Digital Health Society (DSH) est lancé. Un réseau de collaboration de grande envergure avec les principaux acteurs de l’UE comme les décideurs politiques, les citoyens, les travailleurs de la santé, les scientifiques, les entreprises et les payeurs est créé. Ce groupe, qui compte  déjà plus de 100 organisations, rédigera la déclaration DHS, un manifeste qui souligne les principaux défis pour le développement de la santé digitale et qui décrit les initiatives pour chaque catégorie d’intéressés.

En outre, des Task Forces DHS ont également été créées afin de définir des feuilles de route et d’appuyer un certain nombre de sujets importants. Ces Task Forces sont constituées d’experts de haut niveau et d’acteurs de toute l’Europe.

Les premières Task Forces créées vont travailler à :

- Une feuille de route de convergence pour les normes d’interopérabilité et un Digital Tele Healthcare Protocol

- Des campagnes pour le partage des données

- Un cadre légal qui facilite le libre flux des données et la deuxième utilisation de données

- Des recommandations pour la gestion de transformation et de changement digitaux dans les institutions de soins.

Et il ne faut pas voir tout ce programme comme un coup de communication pour bien se profiler car l’Estonie est depuis de nombreuses années déjà un exemple en termes de réalisations concrètes dans le domaine des soins de santé digitaux.

Le contraste est grand et il ne faut pas oublier que les soins de santé digitaux sont la base pour améliorer la qualité des soins et sont la seule façon de mettre le patient vraiment au centre de ses soins.

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