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GB: enquête sur un scandale de sang contaminé par le VIH et l'hépatite C

Mardi 11 juillet 2017

Le gouvernement britannique a décidé de lancer une nouvelle enquête sur un vaste scandale de sang contaminé qui a fait 2.400 morts au Royaume-Uni, une requête portée de longue date par des députés et qui pourrait cette fois-ci aboutir à des procès.

Dans les années 1970 et 1980, des milliers de personnes hémophiles ont contracté l'hépatite C et le VIH après avoir reçu des transfusions de sang en provenance des États-Unis, sous la supervision du NHS, le service de santé public britannique.

Le ministre de la santé, Jeremy Hunt, a soulevé le sujet lors d'un conseil des ministres mardi, estimant qu'il était "nécessaire d'établir les causes de cette terrible injustice", a indiqué le porte-parole.

Suite à des pénuries de sang, le NHS s'était tourné vers des fournisseurs américains qui rémunéraient leurs donneurs, parmi lesquels se trouvaient des prisonniers et d'autres groupes présentant un risque important d'infection.

Une précédente enquête conclue en 2009 avait établi que les ministres auraient dû agir plus tôt afin d'augmenter les réserves britanniques de sang et mettre fin à la dépendance aux importations.

Elle avait abouti à la mise en place d'un système d'indemnisation des victimes, mais aucun procès n'avait été entrepris et les responsabilités n'avaient pas été définies.

L'annonce du gouvernement intervient alors que le Parlement devait débattre de la question à la demande de la député travailliste Diana Johnson, qui reprochait au gouvernement de n'avoir pas envisagé d'enquête pénale sur ce scandale, "le pire désastre médical de l'histoire du NHS", selon elle.

Les parlementaires souhaitent que cette enquête permette d'engager des poursuites, comme dans l'affaire du drame du stade de Hillsborough. Alors que 96 supporters avaient trouvé la mort lors d'un mouvement de foule pendant un match de football en 1989, 6 personnes ont été inculpées en juin, soit 28 ans après les faits.