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«Qui veut tuer la visite à domicile?» (Dr M. Méganck)

J.M. - Jeudi 26 janvier 2017
J.M.

«On voudrait tuer la visite à domicile… qu’on ne s’y prendrait pas autrement!» Tel est l’avis courroucé de Michel Méganck, MG carolo et ancien président de la SMMG, à propos de l’e-prescription. Il regrette qu’on avance bille en tête, avec des échéances et des obligations, vers un système qui va couper bien des médecins de la possibilité de prescrire.

Le Dr Méganck estime que la réponse des autorités aux critiques sur l’e-prescription tend à se centrer sur les bugs techniques observés, en prédisant que leur disparition n’est que question de temps. Ce faisant, pour l’ancien président de la SSMG, on en oublie qu’on est en train d’avancer dans une voie qui va exclure un certain nombre de médecins et de situations, parce que la prescription électronique requiert un matériel qui n’est pas forcément présent en toutes circonstances ni dans toutes les pratiques. 

Se pose pour commencer la question de la connexion avec Recip-e pour le MG en déplacement. Lui-même cite l’exemple de Jumet, commune qu’il sillonne régulièrement. «Il y a des quartiers entiers, tant dans le centre que quand on s’approche de l’aéroport, où ça ne passe pas. Et Jumet est loin d’être l’unique exemple d’endroit où la couverture réseau n’est pas optimale.» Si le généraliste travaille en différé, en établissant les e-prescriptions une fois de retour à son cabinet à la fin de sa tournée de visites, «cela veut dire que se crée un délai dommageable pendant lequel le patient, ou ses proches, ne peuvent aller en pharmacie se procurer le traitement. Si c’est une médecine paperless, immédiate, que l’on veut instaurer, on peut oublier la visite à domicile, alors… Mais peut-être veut-on finir par aller chercher les patients non mobiles, les grabataires…, en ambulance pour les acheminer vers des centres de santé, comme aux Etats-Unis? Autant le dire tout de suite!» 

Le Dr Méganck déplore encore qu’un nombre insoupçonné de confrères risquent «d’être mis sur la touche en 2018 car ils ne possèdent pas le programme qui assure la liaison avec Recip-e». Peut-être aurait-il fallu que soit développé à leur attention une application d’e-prescription qui puisse se connecter à ce serveur, indépendante de tout programme de gestion de cabinet labélisé. D’après lui, ce sont 20.000 confrères qui, sauf solution, vont être coupés prochainement de la possibilité de prescrire. Il y englobe les confrères ayant opté pour une activité principale en institution, de médecine militaire, scolaire, pénitentiaire, d’assurance, d’expertise… mais aussi les spécialistes, qui n’ont pas de logiciel métier adapté. Michel Méganck souligne, comme d’autres avant lui, le danger pour la densité de l’offre en médecine générale de pousser à la retraite l’ancienne génération peu versée en informatique.

Etant également médecin coordinateur en maison de repos et de soins, il évoque le cas de la prescription aux résidents. Pour passer à l’électronique, elle cumule les deux problèmes évoqués ci-dessus, connexion incertaine et absence de programme ad hoc. S’y ajoute selon lui une confusion dans l’esprit des directions de homes. «Certains pensent que la prescription ‘électronique’, c’est d’imprimer des ordonnances établies à l’ordinateur, pour les faire signer aux médecins traitants quand ils passent. Il y a un déficit d’information sur ce qu’est l’e-prescription.»

Réactions

A quand un recensement, au moins un sondage pour évaluer le nombre de ceux des médecins belges qui refuseront ce système bancal et intrusif?
Je suis médecin généraliste depuis 44 ans et j'ai 69 ans. Je suis tout à fait opposé à ces ordonnances informatiques qui deviendraient OBLIGATOIRES au 01/01/2018. Ma liberté de soigner mes patients serait-elle limitée par un seul document administratif informatisé? Est-ce à cela qu' ont servi mes études, mon dévouement, mes innombrables heures de travail: et je n'hésite pas à le dire mon expérience professionnelle. Mes patients ont PEUR que je les abandonne... et cela pour un bout de papier "non réglementaire". Si Maggie et son gouvernement (!) persiste dans cette voie, j'arrêterai totalement mes activités... et je crois bien que je ne serai pas le seul! J'en appelle à tous mes nombreux confrères, qui sont dans mon cas, à réagir de la même manière. Dr Dubois Jo, Bassilly. J'autorise la publication de ce document.
Jamais je ne prescrirai par voie électronique. Et personne n'a le droit de m'y empêcher ! Imaginer ce que deviendrait un patient lorsque le passage auprès du pharmacien est urgent et que plusieurs conditions ne permettent pas de tabuler sur le clavier. Le pharmacien DOIT accepter l'ordonnance écrite, le conseil de l'ordre n'accusera jamais personne de procéder ainsi et l'INAMI devra rembourser. Alors où est l'obligation sinon un avis uniforme de l'INAMI (émis par souci de connaître statistiquement la fréquence des prescription !). Il y a avant tout un devoir de rendre lisible la prescription et c'est la seule valeur valable et fondée. Donc écrivons de façon lisible et basta pour l'ordinateur au domicile des patients ! Tout comme au cabinet en ce qui me concerne ! Dr George Mertens - george.mertens@skynet.be
Tout à fait d'accord avec toi Jo et message reçu 5/5. Qu'ils essayent la médecine sans médecins !!! Dr Speleers (Amougies)
Tout à fait d'accord. Pourquoi, médecins plus âgés avec une activité médicale réduite, devrions nous nous équiper de logiciels puissants pour pouvoir encore prescrire?Où allons-nous? Réagissons !
j'ai bientôt 70 ans; seul le montant réduit de la retraite m'incite encore à travailler 1 après-midi par mois je suis ophtalmo dans une province où nous sommes 12 pour 270.000 habitants je prescris des lunettes (sur un formulaire débile qui nous a été imposé par les mutuelles) et de temps à autre un collyre ou une pommade je refuse de m'équiper à grands frais d'un système qui m'obligera aussi à suivre un écolage qui plus est, ce qu'ignore la plupart des décideurs de toutes ces conneries, c'est que l'internet est plutôt aléatoire dans notre Luxembourg s'il n'est pas possible de continuer la prescription papier, je cesserai cette activité et je compléterai ma retraite par des brocantes ou de petits boulots à domicile (après BAC + 12 !) J. B. ophtalmo
il faut se mobiliser, manifester, descendre dans la rue et arrêter au plus vite les idées démentes de madame Deblocq... Quand les organisations syndicales et professionnelles comprendront-elles qu'il faut agir au plus vite... la ministre est folle!
Jérome Verelst Charleroi Merci à Michel Meganck et à mon confrère ophtalmo ardennais de manifester leur avis. Devant le prix édifiant des logiciels d'ophtalmologie et le fait qu'ils n'existent qu'en Windows, j'ai développé une base de données relationnelle qui me satisfait à 95% (je n'ai pas de connexion à la carte d'identité et aux appareils comme le réfractomètre. Tous mes autres appareils sont connectés, je n'ai quasiment plus de papiers, sauf les ordonnances … parfois 12 par an pour un patient glaucomateux, les demandes pour le médecin conseil que je donne au patient. Tout cela est hyperrapide et fonctionne à merveille. À moins que l'inami n'offre un logiciel magique à un prix démocratique capable de réimporter toute l'imagerie, toutes les patients, je ne vois pas comment je pourrais me lancer dans l'ordonnance électronique sans y perdre des heures est sans doute me retrouver avec un programme à peine mieux et surtout vendu à prix d'or. Et la prescription pour un antibiotique urgent pour mon épouse si nous sommes en vacances ? etc … Je suis un geek de l'informatique depuis 1986 grâce à mon premier Mac Intosh, j'ai toujours travaillé sur Filemaker (qui existe aussi en Windows) et je trouve intolérable de voir le choix de l'OS Windows imposé par l'état sans autre choix. Les logiciels développés pour les ophtalmo aux USA sont tous disponibles sur les 2 plateformes … N'y a t-il pas une obligation européenne contre le monopole de Microsoft ? Finalement l'inami ne donne aucune information pour ces spécialistes "à part"donc je fais partie ou mon Confrère Meganck ? Ne serait-il pas plus simple d'envoyer un pdf signé sur un serveur ? ou alors c'est moi qui n'ai rien compris ? Mes confrères ophtalmo qui ont des programmes coûteux n'ont d'ailleurs pas pu me donner plus d'information quant à la fameuse prescription électronique … Jérôme Verelst
Je suis généraliste retaité (76ans)Je continue de préscrire pour ma famille.Il est évident qu'en agissant de la sorte , notre consoeur nous élimine tous d'un coup de baguette magique!Nous sommes,je pense,des milliers dans ce cas.Personnellement,j'yvois une infraction déontologique car personne,sauf faute grave,n'a le droit légal de nous empecher de préscrire ...JP HOSTELARD
Qui veut tuer les "vieux médecins" pour récupérer des n° INAMI... c'est Magique Maggy? une seule réponse..."Maggy Dégage".
Il a tout à fait raison. Qu'on demande à la nouvelle génération de" pratiquer électroniquement" mais qu'on laisse la génération plus ancienne (qui a été corvéable à merci) de terminer tranquillement. Ce ne serait que justice rendue
Sans compter la concentration d'infos sensibles sur un serveur unique et l'augmentation des risques de piratage
Je suis moi-même pedopsychiatre je prescris peu de medicaments dans ma pratique mais pour certaines situations je prescris.je travaille enn privé et en centre de santé mentale. Je ne dispose absolument pas du materiel ou autre chose requis pour celà et je ne comprends pas pourquoi on cherche à nous imposer cela! Tout ce temps perdu dans les paprasseries c'est la porte ouverte à la déshumanisation du rapport aux patients..