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Raf Mertens donne le coup d'envoi au plan intégré d'Evidence Based Practice

P.S/V.K - Jeudi 13 juillet 2017
P.S/V.K

« Pour que la pratique fondée sur des données probantes produise plus d’effets, nous devons faire plus d’efforts en termes de facilité d’utilisation, la communication et l’implémentation des lignes directrices. Dans un premier temps pour la première ligne, et par la suite pour la deuxième ligne », explique le directeur du KCE, Raf Mertens.

Pour le Spécialiste et Medi-Sphère, Raf Mertens a éclairé le dernier rapport du KCE consacré au plan intégré d’evidence based practice, et plus exactement à ses modalités de gouvernance. Les directives pratiques sont de bonne  qualité, et devrait mener à des  « soins de santé plus cohérent et plus scientifique », mais  dépendent d’un financement faible.  « Nous savons tous que les délégués médicaux indépendants jouent un rôle dans la fourniture d’informations adéquates. Mais il y a encore une grosse marge d’amélioration à apporter et nous devrons avoir recours à plus de know-how ». Le Dr Mertens admet que jusqu’à récemment le corps médical réagissait négativement à l’EBM, et ce en partie pour des motifs contradictoires. Par exemple, les médecins affirment qu’ils ont une forte pression des patients pour les antibiotiques.

Dans un premier temps, le KCE va concentrer son plan sur la première ligne (c’est-à-dire les médecins généralistes, mais pas seulement, aussi « d’autres prestataires de soins, les infirmières, les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les sages-femmes, les logopèdes », qui travaillent maintenant « evidence based ». Aujourd’hui, les futurs soignants sont formés à trouver l’équilibre entre trois facteurs de base :

- leur expertise clinique;

- la preuve scientifique;

- les préférences de chaque patient individuel.

Optimiser la structure de gestion

La confusion sur le terrain doit être éliminée. En Belgique, qui est concerné par l’EBP ? la SSMG, le KCE, le CEBAM, la plateforme EBMpracticeNet. Il s’agit surtout de se focaliser sur la stratégie qui soutient la mise en œuvre des directives pratiques. Le KCE lorgne vers le Royaume-Uni où l’on est plus avancé dans ce domaine, mais sachant que la plan EBP à vocation à rester budgétairement neutre.

« Dans un premier temps nous allons nous concentrer sur notre plan d'optimisation de la structure de gestion. La question clé est de savoir si nous devons contrôler de manière centrale le réseau d’acteurs ou travailler avec différents partenaires. La centralisation est privilégiée. ». En collaboration avec l’Antwerpen management School et le groupe Technopolis, une structure en deux phases a été développée. Dans une première phase, comme l’a demandé la ministre, le KCE est responsable de la coordination. Mais « A long terme ce n'est pas la meilleure option, estime Raf Mertens. En tant que KCE nous sommes nous mêmes acteurs dans le système et devons apporter des recommandations aux autorités dans la refonte des soins de santé. C'est pourquoi à terme une nouvelles instance indépendante (ORA Organisation du Réseau administratif) reprendra ces fonctions. ».

Dans une seconde étape, le KCE examinera de quelle manière les guidelines peuvent être plus efficacement implémentées dans le travail quotidien des soignants.

Extension à la deuxième ligne?

Quant à la question de l’extension à la seconde ligne, le Dr Raf Mertens indique qu’il s’agit « d'une décision politique. Il faut  noter, qu'il existe déjà à ce stade une forte implication multidisciplinaire avec la première ligne. Si nous prenons l'exemple des trajets de soins - la première et la deuxième ligne ne peuvent être dissociées. »

Enfin, Raf Mertens a souligné que la « sixième réforme de l’état représente un défi, ne fusse qu’en raison de la défédéralisation des compétences en matière de première ligne ».

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