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Frais bancaires: vers une transparence totale

Albin Wantier - Mercredi 19 avril 2017

Les directives européennes imposent aux banques une plus grande transparence en matière de conseils et de tarification des services. Sur le plan des conseils, de nombreux progrès ont déjà été réalisés. Sur celui des frais et commissions, une nouvelle étape sera franchie dès le 1er janvier prochain. 

 

La directive européenne MiFID (Markets in Financial Instruments Directive) vise à mettre de l’ordre dans un secteur qui, jusqu’il y a une dizaine d’années, avait pris la mauvaise habitude de conseiller à ses clients à peu près tout et n’importe quoi. La crise étant passée par là, certains épargnants ou investisseurs avaient perdu des sommes colossales en réalisant un peu tard qu’ils avaient englouti une partie de leurs économies dans des produits bien trop risqués par rapport à leurs attentes de départ.

Depuis lors, la directive a forcé les banques à collecter un maximum d’informations sur leurs clients avant de pouvoir leur proposer des produits financiers. Les banques sont en effet désormais obligées de vous proposer des produits qui répondent strictement à vos critères. C’est la raison pour laquelle il vous est régulièrement demandé de remplir des formulaires sur votre situation financière, vos objectifs d’investissement, votre expérience et votre connaissance des marchés boursiers. Si ces questionnaires peuvent paraître agaçants, ils sont toutefois la condition préalable à tout conseil en placement. Bref, ceux-ci sont tout à votre avantage, ne les négligez pas.

Dès l’année prochaine, la directive MiFID 2 imposera d’autres restrictions aux banques: celles-ci ne pourront plus accepter de rétrocessions des émetteurs de fonds dans le cadre d’une relation de conseil indépendant ou de gestion de fortune discrétionnaire. Jusqu’à présent, votre conseiller percevait dans certains cas une commission (pouvant atteindre 1% des montants investis) pour avoir intégré tel ou tel fonds dans votre portefeuille de placements. Cette pratique sera désormais proscrite: les rétrocessions devront à partir de janvier 2018 être clairement indiquées aux clients et leur être restituées.

Bien évidemment, les banques continuent de facturer d’autres frais, tant sur les produits classiques (comptes, cartes, etc.) que sur des formules plus complexes (frais d’entrée sur les produits d’assurance et les fonds, droits de garde, etc.). N’hésitez jamais à exiger un aperçu global de ces frais et à les comparer avec la concurrence. Aucune banque n’est la moins chère dans tous les domaines, mais en fonction de la composition de votre portefeuille de produits, vous seriez étonné du montant d’économies que vous pourriez réaliser.