Absentéisme de courte durée : le MR veut élargir le débat

Lors de la séance de la Commission de la Santé et de l'Égalité des chances à la Chambre ce mercredi 23 avril , le MR a plaidé pour une prise en compte accrue de l’absentéisme de courte durée, estimant que l’attention reste trop concentrée sur les incapacités de longue durée. Au cours de l’échange, le ministre Frank Vandenbroucke a reconnu l’enjeu, tout en mettant en avant les outils de contrôle ciblé, la confiance envers les médecins et le développement de la « fit note ».

La députée MR Julie Taton a souligné que l’absentéisme reste élevé en Belgique, évoquant un coût moyen de 1.608 euros par an et par travailleur à temps plein pour les absences de courte durée. Dans une entreprise de 100 salariés, ce montant atteindrait près de 160.000 euros annuels, en raison notamment de la répétition des absences qui perturbent l’organisation du travail et accentuent la charge sur les équipes.

Elle a également insisté sur les conséquences organisationnelles, en précisant qu’il ne s’agit pas « d’une chasse aux malades », mais de préserver un système sous pression. Dans ce contexte, elle a interrogé le gouvernement sur d’éventuelles mesures supplémentaires pour limiter les abus, notamment en lien avec les certificats de complaisance.

Le ministre Frank Vandenbroucke a reconnu que ces certificats peuvent poser problème, tout en rappelant que la majorité des médecins agissent de manière professionnelle. Il a mis en avant les dispositifs existants, comme le point de contact du Service d’information et de recherche sociale (SIRS) pour signaler des suspicions de fraude, ainsi que la nouvelle base de données GAOCIT de l’INAMI, qui permet d’identifier des schémas d’attestation atypiques et d’en assurer un suivi ciblé.

Parallèlement, le ministre défend une approche axée sur la « fit note », centrée sur les capacités restantes du patient pendant sa convalescence. Il a rappelé que l’inactivité ne favorise pas nécessairement la guérison, plaidant pour une intégration du travail, lorsque cela est possible, dans le processus de rétablissement. Des concertations structurelles sont en cours avec les médecins généralistes et spécialistes à ce sujet.

Le débat parlementaire met en lumière une attention croissante portée à l’absentéisme de courte durée. Reste en suspens la manière de lutter contre les abus sans fragiliser la relation de confiance entre médecins, patients et système. Comme l’a résumé Julie Taton, « nous soutenons pleinement la solidarité, mais pas les abus ».

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