Quinze spécialistes belges de la maladie d'Alzheimer demandent à l'INAMI de prendre en charge de nouveaux traitements contre la maladie d'Alzheimer, sous des conditions strictes. Les experts soulignent que tous ces médicaments ont démontré leur capacité à "ralentir l'évolution clinique de la maladie d'Alzheimer à un stade précoce". Selon eux, les patients belges devraient eux aussi pouvoir y avoir accès "de manière équitable, sûre et scientifiquement contrôlée".
Les experts soulignent que des traitements tels que le lecanemab et le donanemab sont les premiers à pouvoir modifier l'évolution de la maladie d'Alzheimer, sans toutefois la guérir. "Ils nécessitent un diagnostic rigoureux, un suivi spécialisé et une évaluation claire des risques et des bénéfices, adaptée à chaque patient", écrit notamment Bart De Strooper, spécialiste de Louvain. "Ils constituent néanmoins un tournant important", car ils "ont démontré un ralentissement mesurable de la détérioration".
Ces résultats ont été obtenus après des périodes d'observation de 18 mois, une durée que les experts estiment insuffisante pour une affection chronique et évolutive telle que la maladie d'Alzheimer. "Une évaluation qui se concentre exclusivement sur cette période risque de sous-estimer l'effet cumulatif potentiel d'un traitement susceptible de modifier l'évolution de la maladie".
Il faut donc bien cerner le groupe cible, précisent-ils. "Un modèle de remboursement doit se fonder sur une maladie d'Alzheimer précoce, confirmée biologiquement et cliniquement avérée".
Les spécialistes affirment être conscients des effets secondaires. Il s'agit principalement de l'ARIA, ou anomalies d'imagerie liées à l'amyloïde, mais ces effets secondaires "semblent gérables lorsque les patients sont soigneusement sélectionnés et suivis".
Pour conclure, les experts ajoutent que "l'utilité finale de ces traitements ne peut être pleinement évaluée que dans la pratique clinique".








