Quel avenir pour les SMUR héliportés ?

La reconnaissance structurelle des hélicoptères du SMUR revient sur la table fédérale, avec un enjeu particulier pour la base de Bra, active sans financement public depuis près de trente ans. Une décision est attendue d’ici septembre, après une série d’avis demandés par le ministre Frank Vandenbroucke pour clarifier le futur cadre du HEMS en Belgique.

L’accord de gouvernement prévoit la « reconnaissance définitive du vecteur héliporté afin d’assurer la pérennité des deux structures héliportées médicales actuelles (Bruges et Bra) ». Ce sujet est très important pour le député et médecin généraliste Jean-François Gatelier : « L’héliport médical de Bra assure depuis près de trente ans une mission d’aide médicale urgente héliportée dans des zones rurales de Wallonie caractérisées par une absence de SMUR et de plateaux techniques lourds, couvrant le sud de la province de Liège, la province de Luxembourg et l’est de la province de Namur. Ce service fonctionne 24 h/24 sans financement fédéral, avec un modèle économique équilibré reposant sur des affiliations volontaires et des dons. »

Deux situations différentes

Il précise aussi que « les deux héliports ne sont pas comparables, parce qu’ils n’offrent pas les mêmes services. L’hélicoptère de Bruges prend son départ d’un hôpital, alors que celui de Bra est vraiment dans un secteur physique séparé. Je pense que, l’un dans l’autre, même pour les budgets des soins de santé et surtout l’aide médicale urgente, l’héliport de Bra a certainement sa place dans la région par rapport à l’installation éventuelle d’un SMUR voiture, qui ne serait pas aussi efficace. »

Pour rappel, dans son dernier avis, la Commission fédérale de l’aide médicale urgente reconnaît les défis géographiques et démographiques auxquels sont confrontées certaines régions. Elle estime que l’hélicoptère médicalisé doit être intégré dans la structure d’un hôpital et que le décollage physique peut se faire à partir d’un autre lieu que cet hôpital.
Cependant, elle recommande aussi que la contribution du patient soit identique quel que soit le vecteur de transport utilisé. « Cela aura pour conséquence directe de déséquilibrer le modèle actuel de l’héliport de Bra, au risque de conduire à la disparition de ce service, alors même qu’il n’existe aucune alternative équivalente sur le territoire concerné. Or l’ASBL gestionnaire de l’héliport de Bra ne demande pas de financement fédéral, mais bien une reconnaissance structurelle de son rôle dans l’organisation des secours », ajoute le député.

Une clarification pour une prochaine décision

Pour Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé, le moment est venu d’avoir « une clarification du nouvel avis du Conseil fédéral de l’aide médicale urgente concernant le HEMS. Le Conseil a recommandé de mettre fin au projet pilote actuellement en cours dans le cadre du HEMS (Helicopter Emergency Medical Service) et d’élaborer à la place un cadre durable pour le déploiement du HEMS au sein de l’aide médicale urgente. Étant donné les avis précédents du Conseil fédéral de l’aide médicale urgente sur le même sujet, dans lesquels le Conseil n’avait pas envisagé une telle mesure, j’ai demandé au Conseil de m’indiquer comment je dois interpréter cette nouvelle position. »

Il prévoit « une analyse approfondie. Je me prépare maintenant à l’étape suivante, parce que je veux exécuter l’accord du gouvernement. J’ai donc signé une demande d’avis, qui doit être envoyée au Conseil fédéral des établissements hospitaliers, sur la méthode de financement et l’architecture de l’insertion du HEMS dans le paysage des soins. J’ai d’ailleurs indiqué une deadline dans cette demande d’avis, car je souhaite la réponse du Conseil fédéral des établissements hospitaliers avant le 1er septembre », a conclu le ministre socialiste.

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