La fermeture du Centre Athéna et du poste médical du Hub humanitaire continue d’alimenter les inquiétudes au Parlement bruxellois. Plusieurs députés ont alerté les ministres Ahmed Laaouej et Dirk De Smedt, membres du Collège réuni chargés de l’Action sociale, de la Santé et de la Fonction publique, sur les conséquences pour les services d’urgence, déjà sous forte pression.
La députée Celia Groothedde (Groen) a dénoncé l’absence d’alternative suffisante pour les personnes vulnérables. « Depuis la fermeture du Centre Athéna et du poste médical du Hub humanitaire, les personnes vulnérables n'ont plus accès à l'aide de première ligne, alors que ce secteur fait partie des priorités du gouvernement. Il en résulte une surcharge des services des urgences, déjà fortement sous pression. Cette lacune dans la première ligne entraîne une recrudescence des maladies contagieuses à Bruxelles, ainsi que des soins plus coûteux et, au final, une surcharge encore plus lourde pour le secteur de la santé. Le problème est à la fois humanitaire et épidémiologique. »
Même au sein de la majorité, des inquiétudes ont été exprimées quant aux conséquences sur le terrain. Françoise Schepmans (MR) estime que la disparition du financement complémentaire du Centre Athéna a fragilisé l’offre de soins. « Si le Centre Athéna a bénéficié d'un subside structurel, la suppression d'un financement complémentaire a fragilisé l'équilibre global. Aujourd'hui, on constate une rupture dans l'accès aux soins de première ligne pour de nombreuses personnes souffrant de maladies chroniques et nécessitant un suivi régulier. Ces patients ne disparaissent pas ; ils se tournent vers d'autres structures, notamment vers les services d'urgence, déjà sous pression. »
En réponse, Dirk De Smedt a rappelé les mesures prises après la fermeture du centre. « À la suite de la fermeture du centre Athéna, nous avons mobilisé des budgets supplémentaires pour garantir une offre de soins temporaire et accessible, en collaboration avec Médecins du Monde et la Croix-Rouge, notamment. Les 2.000 places que nous avons prévues dans les soins ambulatoires de première ligne ne suffisent évidemment pas, eu égard aux besoins structurels. Nous souhaitons mettre en œuvre un plan intégré plus ample pour le bien-être et la santé, qui accorde davantage d'attention aux soins de santé mentale et aux addictions chez les plus vulnérables. La première ligne de soins doit également y occuper une place. Notre ambition est de tendre vers une continuité des soins, avec une offre variée. »
Cette réponse n’a toutefois pas convaincu Celia Groothedde. « La création d'une continuité des soins ne peut exister sans un renforcement effectif et structurel de la première ligne. À Bruxelles, la difficulté tient moins au nombre de places disponibles qu’au manque de personnel soignant. »
Pour rappel, Ahmed Laaouej et Dirk De Smedt avaient, pour éviter une rupture des soins et un engorgement des urgences, relancé l'équipe Cover afin d'assurer le suivi sanitaire des personnes vivant dans des squats et des occupations.








