Le CD&V ouvre le travail législatif sur une extension de la loi sur l'euthanasie

 Par une journée d'étude au Parlement flamand, le CD&V a donné lundi matin le coup d'envoi d'un travail législatif autour de la réforme de la loi sur l'euthanasie pour les personnes souffrant de démence. Le président, Sammy Mahdi, a démenti que son parti freinait la réforme.

La coalition s'est donnée l'"ambition" d'élargir aux personnes incapables de donner leur consentement en cas de démence la possibilité de se baser sur une déclaration anticipée, "sur une base scientifique approfondie". Le débat sur cette question est régulièrement relancé en Flandre. La semaine passée, depuis l'opposition, les libéraux d'Anders ont encore exhorté la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), à s'atteler à cette réforme.
Différents experts, issus pour la plupart de la KULeuven, ont pris la parole durant la matinée. "Pour nous, il est très important que la vie mais aussi la fin de vie se passent d'une manière humaine", a souligné M. Mahdi.
"Ce que nous freinons, c'est une sorte de laisser-faire et une législation bancale qui ferait s'arracher les cheveux aux médecins et qui ne leur permettrait plus de savoir ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas faire. Et avec laquelle la famille et l'entourage ne sauraient plus où ça s'arrête (...) On ne peut pas faire cela d'un trait de stylo. Mais ce n'est pas une raison pour faire traîner éternellement les discussions", a expliqué M. Mahdi.
Le CD&V n'a soutenu ni la loi de 2001 qui dépénalisait l'euthanasie, ni celle de 2014 qui l'a étendue aux mineurs. Aujourd'hui, c'est sa ministre qui tient la plume. Plus question cette fois-ci de confier le soin de légiférer au parlement. Avec l'administration et les experts, Mme Verlinden va s'atteler à la rédaction de textes qui seront soumis au gouvernement. 
La réforme impose de "trouver les justes équilibres" et de produire "un travail en finesse". "C'est pour cela qu'en tant que chrétiens démocrates nous prenons l'initiative. Nous ne pouvons pas la laisser à des gens qui sur ce point préfèrent un discours plat et populiste", a affirmé M. Mahdi.
Le CD&V pose une série de balises. Le principe de base doit rester qu'une souffrance insupportable et sans issue est constatée. La réforme mise en avant par les chrétiens-démocrates s'appuie une déclaration anticipée dans laquelle le patient décrirait la situation qu'il considère comme "inconciliable avec une vie digne". La décision d'euthanasie doit être l'aboutissement d'un parcours auquel seront associés la famille proche, les personnes de confiance, les aidants-proches, le personnel de soin et des médecins spécialisés. Le CD&V juge primordial que les désirs actuels du patient soient respectés, et qu'il soit tenu compte de la possibilité qu'il ne soit plus désireux d'une euthanasie, voire s'y oppose.
"Une personne malade et incapable de discernement ne perd ni sa dignité ni son humanité", a fait remarquer Mme Verlinden. "Si nous faisons primer de manière absolue la personne en bonne santé sur le patient qu'elle est devenue aujourd'hui, celui-ci risque d'être réduit à une simple décision passée, et l'être humain qui se cache derrière le patient disparaît de notre champ de vision. Même une personne atteinte de démence à un stade avancé continue de compter à nos yeux. La déclaration de volonté doit être respectée. Mais elle ne doit jamais occulter complètement la réalité vécue par le patient".
L'accent est mis également sur une planification des soins faite de manière précoce. Une concertation aura lieu périodiquement avec le patient pour examiner les traitements nécessaires et la volonté de celui-ci au cours des différentes phases. 
"La déclaration de volonté est nécessaire mais pas suffisante", a expliqué la députée Els Van Hoof. "Une planification de soins précoce est essentielle: il s'agit du processus qui consiste, à différents moments, à réfléchir à la qualité de vie, à la dignité et à ce qui constitue une souffrance insupportable pour une personne. L'autonomie doit aller de pair avec la protection des personnes vulnérables et de leurs intérêts actuels. Ensemble, avec les médecins, les proches et la personne de confiance, il faudra réévaluer à chaque fois ce qui est encore acceptable pour le patient".

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    27 avril 2026

    Même un animal en bout de course ou condamné (blessure trop grave), lorsqu'il sent qu'on va l'euthanasier chez le vétérinaire, a un sursaut de volonté de vie. Il n'y a que les animaux qui acceptent leur mort qui acceptent qu'on les endorme. Il va falloir des repères sacrément solides avant de lancer votre projet car je refuse d'être le monstre bouc émissaire pour des familles perdues et souffrantes à qui on a encore donné le faux espoir "le médecin a la solution à tous vos problèmes maintenant"... Les cantous sont parfaitement adaptés à accueillir des patientes démentes en perte d'autonomie.