Le service de chirurgie cardiaque du CHU Saint-Pierre a réalisé son 100ᵉ pontage coronarien mini-invasif robot-assisté. Lancé il y a quelques années, ce programme permet désormais de traiter par cette approche près d'un patient sur deux nécessitant un pontage coronarien. Selon les résultats communiqués par l'hôpital, aucun décès ni accident vasculaire cérébral (AVC) n'ont été observés parmi les 100 premiers patients opérés.
Encore peu pratiquée en raison de sa technicité et de la courbe d'apprentissage qu'elle impose, cette chirurgie est réalisée à cœur battant, sans circulation extracorporelle, au moyen d'un robot chirurgical. Contrairement au pontage conventionnel, elle ne nécessite pas d'ouverture du sternum mais repose sur plusieurs petites incisions permettant notamment le prélèvement des artères mammaires avec une grande précision.
« Atteindre 100 interventions représente énormément de travail et d'investissement. Aujourd'hui, nous sommes capables d'opérer pratiquement la moitié des patients nécessitant un pontage coronarien grâce à cette approche robotique. C'est une étape importante qui témoigne de la maturité du programme », explique le Dr Henkens, chirurgien cardiaque au CHU Saint-Pierre.
Davantage de pontages multiples
Initialement réservé aux pontages simples, le programme a progressivement été étendu aux doubles et triples pontages. Près d'un patient sur deux bénéficie aujourd'hui d'un pontage multiple réalisé par voie robotique, selon l'hôpital.
L'équipe privilégie également, lorsque l'anatomie du patient le permet, l'utilisation des deux artères mammaires internes plutôt que de greffons veineux, en raison de leur meilleure perméabilité à long terme, un élément particulièrement important chez les patients plus jeunes.
Le développement du programme s'est accompagné de formations spécialisées, notamment à Toronto et aux Pays-Bas, ainsi que d'un travail de structuration de l'ensemble de l'équipe multidisciplinaire.
Zéro décès et zéro AVC
Le CHU Saint-Pierre rapporte un taux de mortalité de 0 % et l'absence d'AVC sur les 100 premiers cas. Les interventions ont toutes été réalisées à cœur battant, sans recours à la circulation extracorporelle, une stratégie qui vise notamment à limiter certaines complications associées à cette dernière.
L'approche mini-invasive est également associée à une réduction des douleurs postopératoires, à une récupération fonctionnelle plus rapide, à une diminution de la durée d'hospitalisation et à une reprise plus précoce des activités, souligne l'établissement.
Déploiement d'un protocole ERAS
Parallèlement au développement de la chirurgie robotique, le CHU Saint-Pierre met en place un programme de récupération améliorée après chirurgie (ERAS, Enhanced Recovery After Surgery). Celui-ci comprend une préparation physique préopératoire, une évaluation nutritionnelle, un accompagnement infirmier personnalisé, une mobilisation précoce ainsi que des protocoles anesthésiques destinés à accélérer le réveil postopératoire.
« Il y a encore quelques années, les patients étaient réveillés plusieurs heures après leur arrivée aux soins intensifs. Aujourd'hui, ils sont extubés directement en salle d'opération. L'objectif est de favoriser une récupération rapide et un retour précoce à domicile dans les meilleures conditions », indique le Dr Henkens.
Selon le CHU Saint-Pierre, ce programme vise à réduire les complications postopératoires, notamment les infections respiratoires, les infections du site opératoire et les pertes d'autonomie, tout en améliorant le parcours de soins des patients. L'hôpital entend poursuivre le développement de cette activité afin d'élargir l'accès à cette technique aux patients pouvant en bénéficier.








