Deux associations belges, Long Covid Belgium et Not Recovered Belgium, dénoncent l’absence de reconnaissance du COVID long comme infection persistante, malgré deux études internationales récentes confirmant la persistance virale du SARS-CoV-2. Elles appellent les autorités à revoir d’urgence les traitements et recommandations.
Deux publications scientifiques internationales parues en juillet confirment le rôle central de la persistance virale dans le COVID long, affirment mardi dans un communiqué les associations Long Covid Belgium et Not Recovered Belgium.
Dans Nature Communications, des chercheurs de l’Institut Pasteur ont mis en évidence la persistance du SARS-CoV-2 dans le tronc cérébral de hamsters infectés, plusieurs mois après l’exposition au virus. L’équipe a également observé des troubles comportementaux similaires à ceux rapportés par les patients atteints de COVID long, associés à des altérations de gènes impliqués dans la neurotransmission, la neuroinflammation et les processus neurodégénératifs.
Parallèlement, une autre étude parue dans Science Translational Medicine, menée par l’université Harvard, montre que l’administration du larazotide chez des enfants atteints de MIS-C (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique) post-COVID permet une élimination accélérée de la protéine Spike circulante et une amélioration clinique plus rapide.
Vers un changement de paradigme thérapeutique ?
Pour les deux associations belges, ces résultats valident les alertes lancées depuis 2020 par les patients : le COVID long ne peut plus être considéré comme un simple trouble psychosomatique. Il s’agit, affirment-elles, « d’une infection systémique complexe, marquée par une persistance virale active et délétère ».
Elles demandent en conséquence aux autorités belges et européennes de financer des essais cliniques sur des antiviraux et autres traitements ciblant cette persistance virale, d’assurer un accès élargi aux médicaments existants, et de revoir les recommandations actuelles qui se limitent selon elles à des approches de rééducation, sans tenir compte des données biologiques.
Un impact sous-estimé sur la santé publique
Les deux organisations déplorent par ailleurs l’abandon des mesures de prévention, qu’elles jugent responsable d’un afflux continu de nouveaux cas de COVID long. Elles évoquent « une hausse alarmante des maladies chroniques, neurodégénératives et oncologiques dans les populations exposées ».
Enfin, elles dénoncent une idéologisation croissante de la médecine, qui réduirait, selon elles, les symptômes persistants à des croyances, au détriment de la prise en compte des preuves biologiques.
« Il est temps de sortir du déni », concluent Long Covid Belgium et Not Recovered Belgium, qui appellent les décideurs, les professionnels de santé et les chercheurs à se mobiliser pour explorer et rendre accessibles les pistes thérapeutiques disponibles.








