Dépistage du VIH : Kathleen Depoorter veut renforcer le rôle des pharmaciens

Rendre le dépistage du VIH plus accessible en Belgique en impliquant davantage les pharmaciens, c’est l’objectif d’une résolution déposée par la députée Kathleen Depoorter. Le texte vise à réduire le nombre de diagnostics tardifs en facilitant l’accès à des tests à bas seuil.

Kathleen Depoorter estime que « trop de personnes reçoivent encore aujourd’hui un diagnostic tardif », une situation jugée « inacceptable ». Elle rappelle qu’« une personne testée et traitée à temps a une espérance de vie quasi normale et n’est plus contagieuse ».

Lever les freins au dépistage

Le VIH reste un enjeu important de santé publique en Belgique, avec chaque année plusieurs centaines de nouveaux diagnostics, dont environ un tiers sont posés tardivement, soit près de 220 personnes. Selon Kathleen Depoorter, ce constat ne s’explique pas par un manque de ცოდnaissances médicales, mais par des obstacles persistants à l’accès au dépistage.

Elle cite notamment « la stigmatisation, la peur des conséquences sociales, le coût et le manque d’anonymat », qui « empêchent encore trop souvent les personnes de se faire tester ». Pour elle, « ces obstacles doivent être levés ».

Dans ce contexte, les pharmacies apparaissent comme un relais potentiel. Facilement accessibles, largement réparties sur le territoire et sans rendez-vous, elles pourraient contribuer à élargir l’offre de dépistage. Si des autotests VIH sont déjà disponibles, ils ne garantissent pas toujours un accompagnement suffisant ni un suivi adéquat.

Un cadre encadré pour garantir la qualité

La résolution propose dès lors d’autoriser les pharmaciens, moyennant une formation adéquate et dans un cadre légal défini, à réaliser eux-mêmes des tests via une simple piqûre au doigt. L’accent est mis sur la qualité et la continuité des soins : seuls des tests validés scientifiquement pourraient être utilisés, et tout résultat réactif devrait donner lieu à une orientation rapide vers une prise en charge spécialisée.

Le texte prévoit également un renforcement de la prévention, notamment par un meilleur accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Il est ainsi proposé d’autoriser les médecins généralistes à prescrire un premier traitement, afin d’en faciliter l’accès.

Kathleen Depoorter résume l’approche défendue, « si nous voulons réellement faire reculer le VIH, nous devons miser à la fois sur la prévention et sur une détection précoce, sans barrières ».

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