Bugs récurrents, double encodage et obligation de réintroduire régulièrement la carte d’identité électronique : Frank Robben détaille les mesures prises pour améliorer le fonctionnement quotidien des outils numériques et alléger la charge administrative des médecins.
Entre incidents techniques, pics de connexion et exigences liées à l’encodage structuré des données, la pratique numérique reste source de frustrations pour de nombreux praticiens. Le patron de la Plate-forme eHealth revient sur ces difficultés concrètes et sur les solutions en cours de déploiement.
Les médecins se plaignent de bugs informatiques réguliers de tous types, que leur répondre ?
L'efficacité et la disponibilité des services sont mesurées toutes les 10 secondes et rendues publiques via le site ehealthstatus.be que le médecin peut consulter. Cela lui évite de perdre du temps à chercher si le problème vient de sa propre connexion internet, de son logiciel ou d’un service spécifique offert par un tiers. Nous sommes en contact direct permanent avec tous les fournisseurs de services 24 h sur 24. En plus, en cas d’indisponibilité d’un service, il existe des procédures de secours qui sont activées automatiquement pour garantir une continuité des activités.
Et la question des lenteurs du système le lundi matin ?
Nous avons développé de la capacité supplémentaire pour absorber ce moment où les médecins et d’autres professionnels se connectent en plus grand nombre. Nous veillons aussi aux pics de grippe et d’autres maladies qui amènent une plus grande fréquentation de notre système.
La simplification administrative promise aux médecins avance-t-elle réellement ?
Les médecins doivent comprendre que le bon encodage des données est très important pour l’amélioration de la simplification administrative. Dans le cadre de la relation thérapeutique entre soignants et patients, notre objectif principal est de réduire la charge administrative des médecins grâce à des outils comme la Plate-forme eHealth, tout en maintenant la souveraineté des prestataires de soins sur leurs propres clés de sécurité.
Pouvez-vous citer des exemples concrets ?
L'objectif affiché est d'en « terminer avec la paperasserie » pour les médecins grâce à la digitalisation des documents et procédures : Nous allons généraliser le certificat d’incapacité de travail électronique pour que le médecin puisse envoyer directement des certificats d'incapacité de travail vers l'employeur (si le patient est d’accord) et vers l'eBox du patient en un seul clic. Nous poursuivons la digitalisation des flux de demandes de remboursement de médicaments (chapitre IV) et des lettres de renvoi vers les kinésithérapeutes, qui ne nécessitent plus de papier et passent par des systèmes digitaux. Nous avons aussi la volonté de mettre fin au double encodage : Une nouvelle politique d’enregistrement de l'INAMI, élaborée en concertation avec les syndicats médicaux, vise à supprimer la nécessité pour le médecin d'encoder deux fois la même information, à condition de bien structurer les données initialement. Le ministre Vandenbroucke est très vigilant par rapport à cette amélioration : pour chaque attestation, nous nous demandons si elle est encore nécessaire pour ne pas informatiser de mauvaises pratiques. Le groupe de travail, dont Pedro Facon était président, comprend les médecins, Domus Medica, l’Absym…
Les médecins se plaignent de devoir réintroduire trop souvent la carte d’identité de leur patient…
Je comprends mais la sécurité est à ce prix. Le système impose aux prestataires de soins de créer leur propre paire de clés de chiffrement, qui doit être renouvelée tous les trois ans pour maintenir un niveau de protection suffisant. Afin d'éviter des accès abusifs à long terme, le numéro de la carte d'identité du patient est effacée des logiciels après une période déterminée Ce système vise à éviter qu'un médecin ou un pharmacien puisse accéder aux données n'importe quand sans justification médicale ou contact réel avec le patient. Cette relation est souvent initiée par la lecture de la carte d'identité électronique (eID) du patient, prouvant le contact physique. Contrairement à d'autres pays, la carte eID belge ne permet pas l'écriture de données sur la puce, ce qui la rend moins vulnérable aux attaques.
C’est vraiment indispensable ?
Je vais vous donner un exemple. Un cas a été relevé où des systèmes d’analyse de la peau par IA conservaient le numéro de la carte d’identité du patient éternellement, permettant de créer une "relation thérapeutique" encore des mois après l’analyse sans transparence pour le patient. Il a donc été imposé que ces logiciels effacent le numéro de la carte d’identité du patient du patient après trois jours une fois l'analyse effectuée.
Lire aussi : Un chatbot fondé sur les bonnes pratiques bientôt intégré dans les logiciels des médecins, annonce Robben









Derniers commentaires
Francois Planchon
07 mars 2026Les "bugs" incessants des connexions EID ont fait perdre des centaines d'heures à 2 amis comptables...
Pourquoi un système d'identification aussi peu fiable a-t-il été conservé malgré ses dysfonctionnements en série... Les connexions bancaires, tout aussi "sécurisées" et exigeantes fonctionnent sans problème ... et une banque qui aurait autant de problèmes que EID verrait ses clients fuir vers la concurrence dans les 6 mois !!!!
L'état, censé montrer l'exemple se discrédite avec ses choix peu fiables, et en ne les corrigeant pas rapidement. Surréaliste...
Robin GUEBEN
05 mars 2026Relier le DMG à l'eID et au choix assumé du patient est une BONNE chose ! Le concept DMG = bon au porteur, ça suffit les vieux médecins ! En statistiques personnelles, sur les 5 dernières années, j'ai 2100 patients différents qui ont passé le pas de mon cabinet solo et pourtant je ne dépasse pas 600 dmg. Pourquoi ? Car je suis un snow bird, je fuis la saison froide pour raisons de santé, alors mes patients vont chez d'autres médecins sur cette période et je me fais VOLER mes dmg par un simple clic "bon au porteur" alors que j'assume tous les sumher.
Soit on supprime les DMG, soit on contraint les généralistes à des conditions. Le crony capitalism est terminé !
Etienne PONCELET
04 mars 2026il est illogique de devoir relire la carte d'identité d'un patient qui nous à confié son DMG
A quoi sert un DMG si on doit constamment relire l'EID que le patient n'a pas toujours sur lui, ou est chez l'EX conjoint , ou le système Bug quand on veut la lire ??????
J'estime que si on a le DMG du patient , nous devrions avoir automatiquement la possibilité d'avoir accès a l'ensemble des informations sur le réseau sans nécessité de relecture constante de l'eid
Yves METENS
04 mars 2026cette histoire de carte d'identité.......
encore une décision qui nous pourrit bien la vie quotidiennement
le patient crée via un lien therapeutique un DMG avec un médecin de son choix
n'est ce déjà pas une démarche proactive suffisante ?
et concernant le DMG , pourquoi le médecin qui le gère ,ne reçoit pas systématiquement les résultats demandés par ses confrères spécialistes( si le patient ne s'y est pas opposé)?
on en arrive à des situations ubuesques chronophages et contraires à la bonne pratique de suivi d'un patient