Ergospirométrie: la Société belge de cardiologie conteste la nouvelle exigence de remboursement

La Société belge de cardiologie demande la révision de l'arrêté royal du 30 avril 2026 relatif à la nouvelle nomenclature de l'ergospirométrie. Dans un communiqué diffusé vendredi, elle exprime sa « vive inquiétude » face à l'obligation de réaliser systématiquement un prélèvement de gaz du sang artériel pour obtenir le remboursement de l'examen, une mesure qu'elle juge dépourvue de fondement scientifique et susceptible d'exposer les patients à des risques inutiles.

Selon la Belgian Society of Cardiology (BSC), la nouvelle réglementation manque son objectif d'un remboursement adéquat de l'ergospirométrie et pénalise les patients. L'arrêté prévoit désormais que la mesure des gaz du sang soit obligatoirement réalisée par prélèvement artériel dans le cadre de cet examen.

La société scientifique rappelle que les recommandations de l'American Thoracic Society (ATS) et de la European Respiratory Society (ERS) décrivent l'ergospirométrie comme un examen « par essence non invasif », fondé sur l'analyse des gaz respiratoires. Dans ces recommandations, le prélèvement artériel n'est envisagé que dans des situations spécifiques et sélectionnées.

La BSC souligne qu'une ponction artérielle constitue un acte invasif pouvant entraîner douleur, spasmes artériels, thromboses ou infections. Elle indique que les gaz du sang artériel sont actuellement prélevés dans moins de 10 % des ergospirométries, l'analyse des gaz respiratoires étant généralement suffisante pour la prise de décision clinique.

« Cette mesure passe à côté de son objectif d'un remboursement correct et pénalise le patient ordinaire », estime la société scientifique.

L'organisation relève également que la nouvelle réglementation belge va à l'encontre des normes internationales. En France et aux États-Unis, les gaz du sang artériel sont considérés comme une procédure complémentaire bénéficiant d'un codage distinct et non comme un élément obligatoire du test de base.

Si elle soutient les initiatives visant à lutter contre les abus réels de la nomenclature, la BSC estime ne pas pouvoir approuver des règles qui restreignent la pratique clinique « de manière non scientifique ». Elle examine actuellement la possibilité d'introduire un recours en annulation de l'arrêté royal devant le Conseil d'État.

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