Pas de remboursement pour le Wegovy (Vandenbroucke)

Le ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (Vooruit), n'a pas donné son feu vert au remboursement du Wegovy, un médicament contre l'obésité. Il suit ainsi l'avis de la Commission de remboursement des médicaments (CRM) de l'Inami, même s'il qualifie cette décision de "pas évidente".

Le Wegovy est un médicament à base de sémaglutide. Selon le ministre, des études ont montré que la sémaglutide, associée à des modifications du mode de vie, entraîne une perte de poids plus rapide que la seule modification du mode de vie. Mais il ne s'agit pas d'un traitement de courte durée. Des reprises de poids sont constatées après l'arrêt du traitement. Wegovy devrait donc être considéré comme un traitement chronique, de longue durée.
D'après M. Vandenbroucke, un remboursement du Wegovy créerait un précédent pour toute un groupe de médicaments contre l'obésité. Des calculs antérieurs montrent que le traitement médicamenteux, dans un scénario où toutes les personnes éligibles seraient traitées, pourrait coûter des milliards d'euros par an, soit plus de la moitié du budget total des médicaments. Selon le ministre, de telles dépenses pour un traitement dont l'effet disparaît dès son arrêt priveraient d'autres patients de soins nécessaires, sans que l'on puisse établir le bénéfice sanitaire pour la population.
"L'obésité est une maladie chronique qui, comme toutes les autres maladies chroniques, mérite les meilleurs soins et, surtout, les soins adaptés", souligne Frank Vandenbroucke. "On ne peut assurer la pérennité d'un traitement chronique qu'en plaçant le patient au centre et en l'entourant de formes de soins et de soutien appropriées, grâce à une collaboration entre les différentes disciplines de santé. Il ne s'agit pas seulement de médicaments, mais aussi d'un accompagnement intensif par des kinésithérapeutes, des diététiciens, des psychologues, et tout simplement d'un mode de vie sain."

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    04 juin 2026

    Dommage parce qu'intuitivement ce médicament semble répondre à toutes les attentes. On ne voit même pas le QALY mais ça ne m'étonne pas, les politiciens actuels ne comprennent pas bien l'économie de Santé ou l'économie assurantielle. Un patient obèse morbide qui a un médicament coûteux qui agit sur son système incrétine qui lui fait perdre 20kg en 6mois à plus de chance de se remettre au sport, d'avoir un relais de maintien de sa forme par sa growth hormone que s'il ne l'avait pas eu. Mais pour cela il faut un coaching efficace.

    Cela me fait penser à l'article où l'État et l'INAMI voulaient baisser le remboursement des Prep pour la prévention du HIV. Une Prep en continu c'est 6000€/mois par patient (j'avais vu le témoignage d'un patient français) mais un patient malade du HIV, c'est plus de 6000€/mois jusqu'à la fin de ses jours avec toutes les complications annexes de cette maladie. L'INAMI mise sur un remboursement sur 10 ans, avant qu'un patient bénéficiaire de la Prep change de comportement sexuel à risque (entendez : qu'il trouve un amour exclusif). Mais si rien n'est fait en terme d'accompagnement psychologique, comment peut-elle changer ses habitudes de santé ?

    Il y a un réel besoin des politiciens et des fonctionnaires de santé de mieux comprendre la santé publique, le concept Onehealth, la philosophie du moindre mal car on ne va jamais s'en sortir. C'est beau de souhaiter la prévention et de faire de jolis discours mais s'il n'y a aucun business plan réfléchi à côté, c'est au mieux idiot mais le plus souvent très hypocrite.