Un nouveau maillon clé de l'innovation vaccinale voit le jour à Rixensart. L'entreprise biopharmaceutique GSK a inauguré mardi, dans le Brabant wallon, un laboratoire clinique ultramoderne. L'investissement s'élève à 150 millions d'euros et doit permettre au groupe d'accélérer le développement des vaccins "du futur".
D'une superficie de 6.000 m², la nouvelle installation regroupera les activités de laboratoire clinique jusqu'ici réparties sur huit bâtiments. Environ 300 collaborateurs y travailleront, dans des locaux flambant neufs, d'une propreté clinique et hautement sécurisés.
Le centre analysera des milliers d'échantillons issus d'essais cliniques menés dans le monde entier. Certains devront faire l'objet de plusieurs dizaines de tests, parfois jusqu'à une trentaine, selon le type de vaccin concerné.
"Ce labo doit permettre, grâce à ses équipements de pointe, à l'automatisation, aux technologies numériques et à l'expertise des équipes, de générer les données cliniques essentielles à l'enregistrement des candidats vaccins", explique Philippe Denoël, responsable du site de Rixensart et vice-président R&D externe Vaccins chez GSK. "Les données récoltées devront notamment démontrer que les futurs vaccins sont sûrs et efficaces."
Un large éventail de candidats vaccins actuellement en recherche et développement sera concerné. GSK mène notamment des projets contre la grippe saisonnière, le Covid, ainsi que contre certaines infections bactériennes, comme celles liées au pneumocoque, qui peut notamment provoquer des pneumonies ou des méningites, et au streptocoque du groupe A, responsable entre autres d'angines, de scarlatine ou d'infections plus sévères.
"Ces recherches s'inscrivent dans un contexte de vieillissement de la population, également plus vulnérable à certaines maladies infectieuses", glisse M. Denoël.
Selon GSK, la centralisation des activités doit permettre d'accélérer les processus, de fournir plus rapidement des résultats de laboratoire de haute qualité et d'améliorer la traçabilité des échantillons issus des essais cliniques.
L'infrastructure a également été pensée à la lumière de l'expérience de la pandémie de Covid. À l'époque, GSK s'était associé aux autorités pour réaliser des tests de dépistage PCR. En cas de nouvelle pandémie, elle pourrait permettre à l'entreprise de s'inscrire à nouveau dans une dynamique de partenariat avec les autorités, les universités et les acteurs de santé publique.
Le laboratoire sera pleinement opérationnel en 2027.
Ce mardi, le cordon inaugural a été coupé en présence du Premier ministre Bart De Wever, qui a salué "un grand pas en avant" dans la lutte contre les maladies et estimé que le projet renforçait la position de la Belgique comme "pharma valley" de premier plan. Le ministre-président wallon Adrien Dolimont, le ministre régional de l'Économie Pierre-Yves Jeholet et le président du Parlement wallon Willy Borsus ont également pris part à la cérémonie.
GSK emploie 8.500 personnes en Belgique et livre en moyenne plus d'un million de doses de vaccins par jour, exportées vers 160 pays. L'entreprise se présente également comme le plus grand employeur privé de Wallonie et comme la première entreprise pharmaceutique du pays.








