Le ministre wallon en charge de la Santé et de l'Environnement, Yves Coppieters (Les Engagés), a affirmé lundi que l'introduction sur le territoire belge du pesticide génétique Calantha n'avait "pas de sens à ce stade", dans une interview sur La Première. Le produit a été autorisé par le gouvernement fédéral alors que les résultats de l'évaluation des risques ne sont pas encore connus.
Le pesticide Calantha, développé par la société américaine GreenLight Biosciences, agit directement sur les gènes des insectes ciblés. On parle de pesticide à interférence ARN ou ARNi. Déjà commercialisée aux États-Unis, cette substance est encore en cours d'évaluation par les autorités européennes.
Le Calantha a néanmoins été approuvé, pour une période de 120 jours (du 1er mai au 23 août 2026 inclus), pour lutter contre le doryphore (un insecte) dans les cultures de pommes de terre en Belgique, selon une annonce faite en mars par le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement.
En dépit de cette autorisation, le ministre Coppieters a estimé lundi qu'il était "précoce" d'utiliser ce type de produit, au vu de l'absence de données sur les risques sanitaires et environnementaux.
"Même le secteur de la pomme de terre n'était pas demandeur", selon lui. "Amener un nouveau produit à ce stade-ci n'a pas de sens."
Il a toutefois admis n'avoir aucun levier pour faire interdire le Calantha en Wallonie.
Le ministre centriste est revenu sur ses tentatives depuis deux ans de faire diminuer l'utilisation de pesticides en Wallonie, faisant aveu d'impuissance. "Je n'y arrive pas. Pourquoi? Parce que d'abord, les syndicats agricoles demandent une transition que je peux entendre, ça va prendre un certain temps, mais surtout les lobbys économiques au niveau européen, et sans doute au niveau fédéral aussi, sont énormes."
"Faire bouger les choses pour protéger simplement notre environnement, notre biodiversité et notre santé humaine, c'est très compliqué", a-t-il ajouté.
Les associations environnementales Nature & Progrès et Pollinis ont annoncé lundi avoir déposé un recours en annulation devant le Conseil d'Etat, dans le but de faire annuler l'autorisation d'urgence accordée au Calantha.








