Les actions menées par l'INAMI pour limiter la facturation de suppléments d'urgence lors d'IRM ambulatoires programmées semblent produire leurs effets. Selon un rapport publié jeudi, 84% des hôpitaux respectaient en 2024 l'indicateur fixé par l'institut, contre 73% en 2019. Quinze hôpitaux dépassaient toutefois encore le seuil fixé par cet indicateur.
L'INAMI rappelle que les suppléments d'urgence ne peuvent être facturés à l'assurance soins de santé que lorsqu'une IRM est réellement réalisée en urgence. Or, plusieurs analyses avaient montré que ces suppléments étaient fréquemment attestés pour des examens programmés en soirée, la nuit, le week-end ou les jours fériés, le plus souvent en raison d'un problème de paramétrage des logiciels de tarification.
Pour corriger ces pratiques, l'institut a lancé depuis 2023 une série de mesures: publication d'un indicateur de référence, sensibilisation des hôpitaux, envoi d'un feedback individualisé et contrôles ciblés. Depuis août 2023, cet indicateur fixe à cinq IRM urgentes pour 1.000 IRM ambulatoires par an et par hôpital le seuil maximal attendu. Il ne concerne ni les prescriptions d'IRM ni l'activité d'imagerie elle-même, mais uniquement la facturation des suppléments d'urgence.
Le rapport analyse les données de facturation entre 2019 et 2024. Il montre que le nombre d'hôpitaux respectant ce seuil est passé de 62 sur 85 en 2019 (73%) à 80 sur 95 en 2024 (84%).
Parallèlement, le volume d'IRM ambulatoires a continué à progresser. En 2024, 1.026.907 examens ont été réalisés, contre 864.378 en 2019, soit une hausse de près de 19%. Malgré cette augmentation de l'activité, la proportion d'IRM assorties d'un supplément d'urgence est passée de 9 pour 1.000 en 2019 à 6 pour 1.000 en 2024, après un pic à 17 pour 1.000 en 2021. Le nombre d'IRM assorties d'un supplément d'urgence est ainsi passé de 14.803 en 2021 à 5.956 en 2024.
Les résultats varient toutefois selon le type d'examen. Les IRM de la tête présentent systématiquement les taux de suppléments d'urgence les plus faibles, tandis que les IRM du rachis, en particulier lombosacré et cervical, restent davantage concernées, même si leur fréquence diminue depuis 2023.
L'amélioration reste par ailleurs inégale entre établissements. En 2024, 15 hôpitaux dépassaient encore le seuil fixé par l'indicateur. Parmi eux, un établissement a attesté un supplément d'urgence pour plus d'une IRM ambulatoire sur quatre (252‰), tandis que trois autres hôpitaux sont passés d'un niveau conforme en 2023 à des taux compris entre 86‰ et 109‰ en 2024. À l'inverse, les 80 hôpitaux conformes à l'indicateur n'affichaient plus qu'un ratio moyen de 1 supplément d'urgence pour 1.000 IRM en 2024, contre 4‰ en 2023 et 12‰ en 2022. Les établissements concernés sont anonymisés dans le rapport.
Selon l'INAMI, ces évolutions coïncident avec la publication de l'indicateur, les actions de sensibilisation, les contrôles et les feedbacks individualisés adressés aux hôpitaux. Le rapport estime que ces mesures ont pu contribuer à faire évoluer les pratiques de facturation, tout en soulignant que des écarts importants persistent entre établissements. L'institut poursuivra le suivi de l'indicateur lorsque les données de facturation de 2025 seront disponibles.
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