Le débat sur la formation des professionnels de santé à l’IVG a refait surface au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Si les référentiels de compétences ne mentionnent pas explicitement l’avortement, les universités assurent intégrer cette thématique dans les cursus médicaux, avec des approches variables selon les filières et les niveaux de formation.
Pour la députée Valérie Dejardin (PS), « malgré les droits dont jouissent les femmes dans notre pays, l’effectivité du droit à l’avortement n’est pas acquise et il est primordial de veiller à ce que des professionnels de la santé y soient formés et sensibilisés. Sans contrevenir à la liberté académique, le gouvernement devrait fixer un cadre commun reprenant l’IVG dans les référentiels de compétences. Voici un an, le gouvernement disait que les doyens des écoles de médecine entreprenaient un travail commun afin de garantir une approche coordonnée et cohérente des cours consacrés à l’IVG. Où en est ce travail ? »
Pour Élisabeth Degryse, ministre-présidente en charge de l’Enseignement supérieur, « dans le contexte politique actuel, il apparaît essentiel de veiller à la transmission des connaissances et des compétences permettant de garantir l’effectivité des droits des femmes, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive ».
Elle a rappelé que l’organisation concrète des contenus d’enseignement relève en premier lieu de l’autonomie des établissements. « L’analyse des référentiels de compétences des différents cursus concernés – médecine, sage-femme, soins infirmiers et kinésithérapie – ne montre pas de mention spécifique de l’IVG. Cette absence s’inscrit dans une logique pédagogique selon laquelle les référentiels visent à définir des compétences généralistes et transversales sans énumérer l’ensemble des pathologies ou problématiques particulières », ajoute-t-elle.
La question de l’IVG en bachelier ou en master
Néanmoins, les informations communiquées par les facultés de médecine montrent que la thématique de l’avortement est bien intégrée dans les formations, selon des modalités variées. « Les universités proposent des cours et des stages spécifiquement consacrés à l’IVG dans le cadre du bachelier et/ou du master en médecine, ainsi que dans les masters de spécialisation en médecine générale et en gynécologie obstétrique. La question est aussi abordée dans des enseignements plus transversaux, notamment en éthique et en sociologie. »
Elle ajoute que « certaines universités abordent ces questions dès le bachelier dans des cours de santé publique, de reproduction humaine, d’éthique ou de déontologie. En master, des enseignements spécifiques en gynécologie obstétrique et en médecine générale consacrent plusieurs heures à la contraception, à l’IVG et à ses dimensions cliniques et éthiques, souvent par l’analyse de situations cliniques interdisciplinaires ».
Des formations adaptées et spécifiques
Les étudiants en médecine participent, au cours de leurs stages en médecine générale, en gynécologie obstétrique et en centre de planning familial, à des consultations au cours desquelles des demandes d’avortement sont abordées. Dans certains cursus de spécialisation, notamment en gynécologie obstétrique, les médecins en formation sont directement impliqués dans la prise en charge des patientes et dans la réalisation de l’IVG, les situations complexes faisant l’objet de discussions cliniques encadrées.
Certaines universités ont développé des formations structurées spécifiques comprenant des modules théoriques, des stages d’observation prolongée et des formations pratiques en centre agréé, ainsi que des initiatives de sensibilisation plus larges sur les campus, associant acteurs académiques, centres de planning familial et société civile.
L’importance de l’accompagnement
De manière générale, « les universités concernées visent à former les futurs médecins non seulement aux aspects techniques de l’IVG, mais aussi à leur rôle dans l’accompagnement des patientes, la planification familiale ainsi que la promotion de la santé sexuelle et reproductive dans une perspective de santé publique », conclut la ministre-présidente.








