Alors que le système de santé belge consacre actuellement l'essentiel de ses ressources à soigner les maladies déjà installées, l'Union belge des prestataires de soins (UBPS) propose de mettre en place un "Dividende Santé Prévention", soit un avantage extralégal à l'instar des chèques-repas dédié à la prévention et à la promotion de la santé.
La Belgique figure parmi les plus faibles investisseurs européens en matière de prévention (1,8% des dépenses de santé contre 3,7% en moyenne dans l'UE), fait remarquer l'UPBS. Or, les prochaines décennies risquent d'être marquées par plusieurs défis sanitaires, entre maladies cardiovasculaires, obésité, cancers et troubles de la santé mentale.
Pour y faire face, l'UBPS propose la création d'un "Dividende Santé Prévention". Le concept est simple: utiliser le même mécanisme que les chèques-repas (qui encouragent une meilleure alimentation) et les éco-chèques (qui favorisent les achats responsables) pour l'appliquer à la santé.
Ce dividende prendrait la forme d'un avantage octroyé par les employeurs, tant du secteur privé que public, et bénéficierait d'un cadre social et fiscal avantageux. L'objectif ? "Détecter plus tôt, prévenir davantage et éviter l'apparition de maladies lourdes et coûteuses". En bref, prévenir plutôt que guérir.
Les travailleurs pourraient l'utiliser pour des dépistages et bilans cardiovasculaires, des consultations préventives, psychologiques ou d'accompagnement nutritionnel, ou encore pour la pratique d'une activité physique.
L'UBPS parle de "responsabilité partagée" des employeurs et fait valoir qu'ils ont d'ailleurs tout à y gagner: une population active en meilleure santé permet de réduire directement l'absentéisme et les incapacités de travail de longue durée.
Alors que les effets d'une telle mesure ne se feraient sentir que dans plusieurs années, au-delà de la législature actuelle, l'UBPS appelle les décideurs politiques à faire preuve de courage, soulignant que les "pays qui investissent aujourd'hui dans la prévention récolteront demain les fruits d'un système de soins plus soutenable".








