La réforme des études de kinés prend forme. Le projet de décret attendu "d'ici l'été"

Le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt a annoncé mardi le dépôt "d'ici l'été" de son projet de décret visant à réorganiser la formation des kinésithérapeutes en Fédération Wallonie-Bruxelles afin de mettre fin à la double filière actuelle, source de concurrence entre universités et Hautes écoles.

Le texte, annoncé depuis plusieurs mois déjà, a essuyé plusieurs retards en raison de discussions entre partenaires de majorité, mais aussi de divergences entre établissements.

L'académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES), l'organe-coupole de l'enseignement supérieur, a aussi remis un avis proposant de maintenir deux cursus en kiné à Charleroi sur base d'anciens piliers de nature philosophique, "une redondance injustifiée" au regard du décret paysage, a déploré mardi M. Marcourt en commission du Parlement de la Fédération où il était interrogé par Patricia Potigny (MR).

"Si l'on peut admettre que cette formation soit organisée deux fois à Bruxelles car le nombre d'étudiants le justifie, ce n'est pas le cas à Charleroi", a insisté le ministre.

La réforme annoncée aura pour principale conséquence d'uniformiser la durée des études de kiné à cinq ans pour tous les étudiants. Aujourd'hui, deux tiers des étudiants choisissent le master en Haute école d'une durée de 4 ans, contre 5 ans pour ceux qui choisissent la filière universitaire.

Avec le nouveau décret, Hautes écoles et universités travailleront main dans la main selon le principe de co-diplomation.

Les futurs étudiants seront à l'avenir formés en Haute école pour certains cours, et au sein d'une université pour d'autres.

Ces dernières seront toutefois considérées comme les établissements "référents". Conséquence: les futurs étudiants en kiné devront à l'avenir tous payer les droits d'inscription qui s'appliquent aux universités. Ceux-ci sont près de deux fois plus élevés qu'en Hautes écoles.

Devant les députés, M. Marcourt a reconnu que la réforme allait engendrer une perte du nombre de crédits organisés par les Hautes écoles, principalement pendant la période qui s'étend de l'entrée en vigueur du décret jusqu'à la première organisation de la dernière année supplémentaire (60 crédits).

Cette perte pour les Hautes écoles sera toutefois compensée par une "ristourne" des universités, a précisé mardi le ministre. Celle-ci sera calculée sur base du coût réel des unités d'enseignement prises en charge par chacun des partenaires.

Des subventions temporaires à hauteur de 9 millions d'euros seront aussi octroyées aux Hautes écoles entre 2019 et 2022 pour assurer la transition.

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