Le cabinet médical Pégase fête ses 20 ans

Ce 30 mai, le cabinet médical Pégase a réuni à Gembloux quelque 400 médecins pour célébrer ses vingt ans. Pionnier de la médecine spécialisée privée et ambulatoire en Wallonie, le centre fondé en 2006 par le Dr Albert Bourgeois a profité de l’occasion pour organiser un symposium sur le dépistage du cancer colorectal devant une salle comble.

Quand le Dr Albert Bourgeois (photo) lance Pégase en 2006, il fait le pari d’une offre spécialisée de proximité, déployée hors de l’hôpital. Vingt ans plus tard, le centre réunit plus de vingt médecins, venus de différentes cliniques namuroises et de Saint-Pierre Ottignies : cardiologie, gastro-entérologie, chirurgie, pneumologie, orthopédie, gynécologie, urologie, néphrologie, hématologie, complétées par des consultations paramédicales (logopédie, nutrition, diététique, neuropsychologie).

Le centre réalise environ 4.000 endoscopies par an. « Pégase est devenu presque incontournable à Gembloux », résume son fondateur, qui revendique une réputation bâtie sur « le sérieux, l’empathie et l’accueil des patients. Nous avons prouvé, dans le contexte actuel, qu’un modèle comme le nôtre peut avoir sa place dans le paysage de la santé. »

Le spécialiste n’a pas manqué de souligner l’excellente collaboration que le cabinet entretient avec la première ligne. « Au cabinet médical Pégase, nous avons développé un contact personnel avec bon nombre de médecins généralistes. Je pense que cela a certainement favorisé l'éclosion et le succès de Pégase. »

Invité à la tribune, le bourgmestre de Gembloux, Benoît Dispa (Les Engagés), a salué une trajectoire qui illustre l’évolution du paysage des soins. « Il y a 20 ans, en créant le cabinet Pégase, vous avez été un visionnaire », a-t-il lancé au Dr Albert Bourgeois, rappelant que le modèle a fait des émules : plus d’une dizaine de centres médicaux ont vu le jour sur le seul territoire communal. Pour le bourgmestre, l’initiative démontre que « les acteurs locaux peuvent avoir un rôle très important dans le déploiement d’une offre médicale de qualité et de proximité ».

Le dépistage colorectal à l’état de l’art

Pour son anniversaire, Pégase avait retenu un thème de santé publique : le dépistage du cancer colorectal. Modéré par le Dr Alain-François Blex, le symposium a pris la forme d’un état de l’art réunissant plusieurs praticiens, dont le gastro-entérologue Luc Colemont, fondateur de l’ASBL Stop Darmkanker.

Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, lui-même médecin épidémiologiste, est venu ouvrir les débats. Il a rappelé l’ampleur de l’enjeu : troisième cancer le plus fréquent en Belgique, avec plus de 8.000 nouveaux cas par an, dont plus de 2.600 en Wallonie. Détecté à un stade précoce, ce cancer présente pourtant un taux de survie à cinq ans supérieur à 90 %. « Le dépistage n’est pas simplement un outil parmi d’autres : c’est l’instrument le plus efficace dont nous disposons pour réduire la mortalité », a-t-il souligné, tout en pointant une participation wallonne « nettement insuffisante », autour de 30 %, là où les références européennes situent l’objectif à 65 %.

Une initiative qui en dit long

Au-delà des discours, le Dr Albert Bourgeois avait prévu du concret : 300 tests iFOBT déposés au vestiaire, qu’il a payés de sa poche, ainsi que des fiches plastifiées rappelant aux généralistes – présents en nombre – que l’intervalle entre deux coloscopies de dépistage est désormais de dix ans. « Je veux que toutes ces caisses soient vides quand vous partirez », a-t-il lancé à l’assemblée.

À la fin de l’événement, les quelque 400 médecins présents se sont levés pour une longue ovation, un hommage rare pour une salle de cette ampleur.

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Derniers commentaires

  • Gilbert BEJJANI

    02 juin 2026

    Je ne serais pas aussi catégorique. Certaines réalités du terrain méritent d’être prises en considération, notamment les failles structurelles qui peuvent favoriser ce type de situation. Par ailleurs, certains propos entendus ont parfois été suffisamment préoccupants pour inviter à une réflexion approfondie

  • Didier CLAUSE

    01 juin 2026

    Effectivement
    heureusement qu il y a des gens comme lui pour organiser des événements comme ça