Le projet pilote bruxellois permettait à des professionnels de la santé mentale d’assister les policiers confrontés à des personnes en détresse psychique. Entre janvier 2024 et décembre 2025, les équipes ont été sollicitées à 484 reprises par les services de police, ce qui a donné lieu à 324 interventions sur le terrain, soit plus de deux tiers des appels. Selon le communiqué, ces interventions ont réduit le recours à la contrainte et facilité l’accès aux soins psychiatriques pour des personnes souvent éloignées des structures existantes.
Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close rappelle que le projet est né d’un constat posé par les agents de police eux-mêmes. « Ils sont en première ligne face à la détresse psychique, mais ils ne sont ni médecins ni psychologues. Nous avons choisi d’écouter cette réalité du terrain et d’y répondre autrement en construisant une approche préventive et humaine, plutôt que purement répressive. Le fait que cette expérience bruxelloise devienne aujourd’hui un modèle national est une reconnaissance forte de cette méthode intégrée, au service des personnes les plus vulnérables. »
Le ministre Frank Vandenbroucke justifie l’extension nationale par la volonté d’offrir une prise en charge plus coordonnée des situations de crise psychiatrique. « Nous voulons offrir les meilleurs soins possibles à tout moment. En étendant le projet pilote bruxellois à l’ensemble du pays, nous offrons une approche humaine, plus coordonnée et plus efficace des situations de crise psychiatrique. De cette manière, les personnes en situation de crise et leur entourage seront aidés par des professionnels formés à cet effet. Ce fonctionnement crée un pont entre la santé, la police et la justice et ce, au service des citoyens les plus vulnérables. »
Par rapport au projet pilote bruxellois, plusieurs adaptations sont prévues. Les équipes mobiles devront être disponibles de 8 heures à 23 heures, sept jours sur sept. En plus de la police, les médecins généralistes et les services d’urgence pourront solliciter leur intervention. Chaque réseau de soins disposera d’un numéro de téléphone central. Une possibilité d’observation clinique à court terme sera ajoutée afin d’assurer un suivi attentif et d’éviter des admissions inutiles aux urgences.
Le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Bernard Quintin met en avant l’augmentation marquée des interventions policières auprès de personnes en détresse mentale ces dernières années. « Le nombre d’interventions policières auprès de personnes en détresse mentale a fortement augmenté ces dernières années. C’est pourquoi nous avons résolument opté pour une approche intégrée, avec des patrouilles sociales et une étroite collaboration entre la police et les services d’aide. Avec EMUT, nous réunissons des équipes mixtes sur le terrain afin d’éviter toute escalade. De cette manière, la police n’est plus seule face à des situations complexes et de grande vulnérabilité. EMUT ne remplace pas la police, mais la renforce. »
Les réseaux de santé mentale sont déjà en phase de déploiement. Parmi les 21 réseaux, 13 ont démarré et, à l’exception d’un seul, tous devraient être opérationnels au cours du premier semestre 2026. Le gouvernement fédéral prévoit un financement de 26,8 millions d’euros pour ce déploiement.








