Le secteur non marchand se mobilise devant le cabinet d'Yves Coppieters à Namur

A l'initiative des syndicats CNE (chrétien) et SETCa (socialiste), plus de 200 représentants du secteur non marchand ont manifesté mardi devant le cabinet du ministre wallon des Solidarités, Yves Coppieters (Les Engagés), à Namur.

La journée des militants et syndicalistes a débuté à Liège, où était organisée une action dénonçant la marchandisation croissante du secteur non marchand et ses conséquences sur l'accès aux services essentiels.
A l'occasion de la Journée européenne de lutte contre la commercialisation de la santé, la population a été sensibilisée, à la gare de Guillemins, au sous-financement structurel des soins de santé et des services collectifs. L'action s'est poursuivie à Namur, devant le cabinet du ministre Coppieters.  
Les plus de 200 personnes présentes ont donné de la voix pendant près de deux heures. Sur leurs panneaux, on pouvait notamment lire "Santé, culture, éducation, social, touche pas au non-marchand" ou encore "Résidents, bénéficiaires et patients ne sont pas des produits ou du stock à gérer !" 
Alors que témoignages et chants rythmaient l'action, une délégation a été reçue par le ministre et les responsables de son cabinet. Les représentants syndicaux en sont ressortis avec un espoir mesuré, Yves Coppieters ayant notamment rappelé un contexte budgétaire très difficile. Des avancées sont toutefois attendues. 
Le ministre, appelé par d'autres obligations, n'a pu participer qu'aux quinze premières minutes d'une réunion qui a finalement duré près d'une heure. À sa sortie, il a pris la peine de s'adresser aux manifestants. "Les enjeux que vous mettez en avant sont importants pour nous", a-t-il assuré. "C'est une priorité, mais dans un contexte budgétaire compliqué. Donc, fatalement, ce sont des accords, des négociations, des équilibres à trouver." 
"Rassurez-vous, on essaie de faire tout ce qu'on peut pour maintenir au moins ce qui existe. Je ne sais pas assumer toutes les décisions fédérales qui ont des répercussions au niveau wallon, mais croyez en ma franche collaboration", a-t-il ajouté.
Du côté des syndicalistes, le bilan était mitigé. "Nous avons notamment convenu de la création d'un groupe de travail en vue de réconcilier les normes et la qualité de l'accompagnement dans les maisons de repos", a expliqué Nathalie Lionnet, secrétaire fédérale du SETCa non-marchand. "Cependant, d'une manière générale, nous restons réalistes car nous savons qu'il y aura peu d'avancées tant que les gouvernements resteront dans leur vision budgétaire actuelle. Nous espérons maintenant qu'ils vont prendre leurs responsabilités. Il y a urgence car les travailleurs et travailleuses du secteur perdent petit à petit la flamme qui les anime encore aujourd'hui."
"Le cabinet s'est engagé à étudier le dossier de la mobilité des prestataires de l'aide à domicile, qui continuent à assumer tous leurs frais de déplacement", a souligné Stéphanie Parmentier, secrétaire nationale à la CNE non-marchand. "Il nous a aussi rappelé sa volonté de défendre le non-marchand face à la réforme des APE, tout en exprimant sa sensibilité aux témoignages des délégués présents qui ont rappelé un manque cruel de moyens et de temps."
"Nous voulons donc garder espoir, mais le fait qu'ils ressassent sans cesse le contexte budgétaire ne nous rassure pas. Cela devient très fatiguant pour celles et ceux qui sont sur le terrain et qui continuent à crier leur désarroi", a-t-elle conclu.
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