A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOT), observée le 17 mai, la Fédération Prisme publie un rapport énumérant les enjeux encore pas ou insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques en matière d'accès aux soins pour les personnes LGBTQIA+.
Quelle place est réellement accordée aux personnes LGBTQIA+ dans l'accès aux soins, alors même qu'elles sont davantage exposées à des inégalités structurelles et à des situations de précarité ?, s'interroge Prisme, coupole qui rassemble et représente les associations wallonnes œuvrant pour les droits et le bien-être des personnes LGBTQIA+. Et comment arriver à un accès aux soins équitable et inclusif ?
En se basant sur les études sur la santé des personnes LGBTQIA+ qui se multiplient ces dernières années, Prisme constate que "les patients LGBTQIA+ présentent un niveau de santé physique et mental inférieur à la population générale". Les recherches menées dans le domaine montrent que ces personnes "consultent moins les professionnels de santé et se disent davantage insatisfaites de la prise en charge que la population générale".
Selon l'analyse de Prisme, seules 5% des personnes interrogées déclarent se sentir "toujours" en sécurité lors des consultations ! A cet égard sont rapportées des situations impliquant des propos déplacés, du mégenrage, des formes d'invisibilisation et de curiosité intrusive et des cas de refus de soins.
L'ensemble des professionnels de terrain interrogés identifie des difficultés structurelles d'accès aux soins, les qualifiant à 89% de fréquentes et à 11% d'occasionnelles.
Selon le centre de santé communautaire bruxellois Épicentre, en Belgique, une personne trans sur 4 éviterait au maximum tout contact avec les soins de santé.
Parmi les éléments qui expliquent ce constat, Prisme pointe l'inadéquation de la "prise en soin" des personnes LGBTQIA+ par de nombreux praticiens qui ignorent tout des vulnérabilités propres à ce public. S'impose donc l'importance, dans le chef des soignants, d'une meilleure compréhension des identités de genre et des orientations sexuelles et le besoin d'une posture non jugeante, non stéréotypée.
Par ailleurs, 86% des professionnels interrogés dans l'étude Prisme estiment que le système de sécurité sociale ne couvre pas correctement les soins spécifiques aux personnes LGBTQIA+. En matière de remboursement, il existe des problèmes résultant du décalage entre les catégories administratives et la réalité physique et médicale des personnes.
En guise de recommandations, Prisme estime que c'est au système de soins à évoluer et non aux personnes LGBTQIA+ de se conformer à des dispositifs pensés sans elles. Elle propose donc des approches plus adaptées, laissant davantage de place au dialogue et à des pratiques plus ouvertes.
La Fédération appelle aussi à faire de la formation aux enjeux LGBTQIA+ "une composante obligatoire, continue et intersectionnelle de l'ensemble des métiers du soin".
Enfin, elle souhaite que l'expertise des associations et des personnes LGBTQIA+ devienne un pilier des politiques publiques de santé.








