Phéochromocytome : l’enjeu clé du diagnostic précoce pour éviter des complications sévères

Les Cliniques universitaires Saint-Luc souhaitent sensibiliser au phéochromocytome, une tumeur rare des glandes surrénales pouvant entraîner des conséquences sévères, notamment hypertension, tachycardie et autres risques cardiovasculaires. L’institution rappelle dans un communiqué que cette pathologie, en raison de sa rareté et des risques liés à son traitement, doit être prise en charge dans un centre de référence.

Touchant 2 à 6 cas par million d’habitants, le phéochromocytome se développe au niveau des glandes surrénales et induit une sécrétion abondante de catécholamines (adrénaline, noradrénaline ou dopamine). Cette sécrétion excessive et incontrôlée entraîne une hyperstimulation du système cardiovasculaire, avec des conséquences cliniques pouvant être sévères et altérer la qualité de vie, notamment « poussées hypertensives, palpitations, céphalées intenses, sueurs profuses ou encore troubles du rythme cardiaque ». Peu connue, la pathologie est souvent diagnostiquée fortuitement lors d’examens réalisés pour d’autres indications.

Une prise en charge spécialisée et coordonnée

La prise en charge repose sur un diagnostic biologique et radiologique précis, suivi d’un traitement adapté, le plus souvent chirurgical. Elle est décrite comme complexe et à haut risque, ce qui impose qu’elle soit réalisée dans des centres experts. En 2025, 12 patients ont été traités avec succès aux Cliniques Saint-Luc, et 5 autres cas ont déjà été pris en charge depuis le début de l’année.

La prise en charge nécessite une collaboration étroite entre endocrinologues, anesthésistes et chirurgiens endocriniens. Après confirmation du diagnostic, une préparation médicamenteuse est mise en place pendant 7 à 14 jours afin de « bloquer les effets des catécholamines, stabiliser la pression artérielle et corriger la contraction du volume sanguin induite par la maladie ». Cette phase repose sur un suivi rapproché avec ajustement progressif des traitements sur base de contrôles répétés de la tension artérielle.

Une chirurgie à très haut risque

Le traitement curatif consiste en l’ablation de la glande surrénale atteinte, généralement par chirurgie mini-invasive (laparoscopie) afin de limiter les effets secondaires. Malgré une durée opératoire souvent courte, l’intervention est qualifiée de chirurgie à très haut risque. « Toute manipulation de la tumeur peut déclencher des décharges massives de catécholamines », entraînant des variations tensionnelles extrêmes, des arythmies sévères ou des complications hémorragiques.

La gestion anesthésique constitue un enjeu majeur et repose sur un monitorage hémodynamique avancé, l’utilisation continue de drogues vasoactives et une capacité d’adaptation immédiate aux variations tensionnelles induites par la chirurgie. Ces interventions doivent être réalisées dans des centres disposant d’un plateau technique complet et d’une expertise spécifique.

Un pronostic favorable avec un suivi adapté

Après un bref séjour en soins intensifs, l’hospitalisation se poursuit quelques jours selon l’évolution du patient. Tous les patients opérés en 2025 sont considérés comme guéris, avec une disparition rapide des symptômes et une reprise d’une activité normale en quelques semaines.

Comme 40 à 50 % des phéochromocytomes ont une origine génétique, une analyse moléculaire est proposée afin d’adapter le suivi et, si nécessaire, mettre en place un dépistage familial spécifique.

Les Cliniques universitaires Saint-Luc soulignent qu’une meilleure sensibilisation à cette pathologie est essentielle afin de favoriser un diagnostic précoce et d’améliorer le pronostic des patients concernés.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.