"La proximité des soins et l'équité territoriale sont des prérequis non négociables" dans le cadre de la réforme du paysage hospitalier. Quant à la concentration des activités spécialisées, elle "peut être pertinente mais une désertification hospitalière est inacceptable". C'est en tout cas l'avis du comité de branche santé de l'Aviq, présenté ce mardi en commission du parlement wallon par le ministre régional de la Santé Yves Coppieters.
La réforme du paysage hospitalier - au sujet de laquelle "aucune décision définitive n'a été prise à ce stade", selon le ministre des Engagés - a déjà fait couler beaucoup d'encre et suscite de vives inquiétudes, particulièrement au sud du pays.
Les avis des instances consultatives désignées par les instances fédérales et fédérées devaient être rendus pour la fin avril, a expliqué Yves Coppieters. "L'avis rendu par le comité de branche santé de l'Aviq s'articule autour de trois piliers: la qualité, la sécurité et la pertinence des soins; une accessibilité réelle territoriale, financière, sociale et linguistique ainsi que la soutenabilité du système tant sur le plan humain que financier", avec une attention particulière aux zones rurales et à la Communauté germanophone, a-t-il précisé.
Face aux risques de dégradation significative de l'accessibilité, le comité a fixé une série de balises. Elles prévoient notamment qu'une première réponse aux urgences vitales soit assurée dans un délai de 15 à 20 minutes pour la grande majorité de la population et qu'un accès aux urgences soit garanti dans un délai de 30 minutes pour 90% de la population.
Pour ce faire, "le comité identifie plusieurs conditions indispensables, dont un renforcement préalable de l'aide médicale urgente et du préhospitalier; un renforcement effectif de la première ligne; une gouvernance territoriale claire ainsi qu'un financement suffisant et sécurisé. Il insiste également sur la nécessité d'une transition progressive pouvant aller de 5 à 15 ans", a poursuivi le ministre Coppieters.
"Dans le cadre des discussions en cours, la Wallonie plaide pour l'intégration de critères objectifs et opérationnels permettant de garantir une accessibilité réelle", a-t-il encore insisté.
Pour le ministre, la réforme "doit être comprise non pas comme une logique de fermetures de sites mais bien comme une réorganisation de l'offre au sein de bassins de soins. Dans cette optique, certaines activités hautement spécialisées peuvent être concentrées pour garantir qualité et sécurité tout en maintenant une présence de soins de proximité."
"Le développement de structures intermédiaires ou de centres de soins locaux peut contribuer à cet équilibre à condition qu'il s'agisse d'une redéfinition pertinente des missions des sites", a-t-il enfin souligné.
Une CIM Santé se penchera sur le sujet dans le courant du mois de juin.








