Secteur du handicap : quand le Blue Monday menace de durer toute l’année (UNESSA)

Le secteur du handicap traverse une crise majeure, marquée par une explosion des demandes d’accompagnement, un allongement des listes d’attente et une pression budgétaire accrue, alerte UNESSA dans un communiqué diffusé lundi à l’occasion du Blue Monday. L’organisation redoute un épuisement durable des équipes et appelle les autorités à une concertation urgente.

Les services accueillant et accompagnant des personnes en situation de handicap font face à une hausse continue des besoins, dans un contexte de complexification des prises en charge et de moyens jugés insuffisants. « Les demandes explosent et les situations deviennent de plus en plus lourdes, nécessitant un encadrement renforcé et toujours plus spécialisé », souligne Amélie Lecomte, responsable du secteur personnes en situation de handicap au sein d’UNESSA.

Selon les chiffres cités par l’organisation, le nombre de situations urgentes est passé de 998 en 2019 à 1 466 en 2023. Leur prise en charge représente environ 70 millions d’euros, soit près de 7 % du budget sectoriel. « Ce montant est déjà plus que limite compte tenu de la complexité grandissante des situations prises en charge », avertit Amélie Lecomte.

Dans le même temps, le secteur est appelé à réaliser 8 millions d’euros d’économies d’ici 2030 à la demande de la Région wallonne. « Sachant qu’environ 90 % de notre budget couvre du personnel, devons-nous encore allonger les listes d’attente d’intervention pour cause de collaborateurs mis au chômage ? », interroge-t-elle.

UNESSA met en garde contre un épuisement progressif des équipes, tant sur le plan physique que mental, aggravé par le manque d’infrastructures adaptées et par des investissements jugés structurellement insuffisants. L’organisation estime que la capacité de résistance du secteur est désormais mise à rude épreuve.

Refusant « la morosité et la résignation », le secteur propose plusieurs pistes de travail aux autorités. « Nous sommes bien au fait que la conjoncture budgétaire nécessite des efforts. Mais alors, que l’avis des secteurs concernés soit correctement pris en compte. On ne décide rien pour nous sans nous », plaide Amélie Lecomte.

Parmi les priorités avancées figurent une concertation renforcée entre le niveau fédéral et la Région afin d’éviter l’accumulation des contraintes financières, une simplification administrative effective, une veille prospective pour anticiper l’évolution des besoins, ainsi qu’une évaluation approfondie des mesures en vigueur avant tout nouvel accord non marchand.

UNESSA appelle enfin les autorités à entendre les « signaux d’alarme » émis par le terrain afin d’éviter que le malaise du Blue Monday «ne se transforme pas en blues all days» dans le secteur du handicap. Les équipes demandent à être associées aux décisions structurantes, leur expérience étant jugée « irremplaçable » pour toute réforme constructive.

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