À Bruxelles, changer de rue peut suffire à perdre son médecin

Un simple déménagement de quelques rues peut parfois interrompre le suivi médical de patients bénéficiant de l'aide d'un CPAS. Dans une bande dessinée publiée mercredi, la Fédération des Associations de Médecins Généralistes de Bruxelles dénonce une situation qu'elle juge absurde et préjudiciable à la continuité des soins, particulièrement pour les personnes les plus vulnérables.

À Bruxelles, la frontière entre deux communes peut parfois avoir davantage de poids qu'une relation thérapeutique construite depuis des années. C'est le constat dressé par la FAMGB dans la bande dessinée « Une rue trop loin… », réalisée par sa Commission Santé-Précarité.

L'organisation met en lumière une situation rencontrée par des patients bénéficiant d'une prise en charge via un CPAS. Lorsqu'une personne déménage dans une autre commune bruxelloise, ou lorsque le cabinet de son médecin généraliste change lui-même de commune, certains CPAS cesseraient de reconnaître le praticien qui assurait jusque-là son suivi. Le CPAS d'origine met fin à la prise en charge, tandis que celui de la nouvelle commune refuse parfois de poursuivre la relation de soins existante.

Pour la FAMGB, cette logique territoriale conduit à des situations paradoxales. Un patient peut ainsi être contraint de changer de médecin non pour des raisons médicales, mais parce qu'il habite désormais quelques rues plus loin ou de l'autre côté d'une limite communale.

Selon la fédération, le phénomène dépasse largement des cas isolés. Il concernerait de nombreuses personnes en situation de précarité, notamment des personnes âgées, des familles confrontées à des déménagements fréquents, des jeunes adultes, des travailleurs précaires ou encore des personnes migrantes.

La FAMGB souligne que ces ruptures administratives ont des conséquences concrètes sur la prise en charge. Elles peuvent entraîner une interruption du suivi médical, une perte d'informations cliniques, des retards dans l'accès aux soins et un recours accru aux services d'urgence. Elles compliquent également les démarches tant pour les patients que pour les médecins.

La fédération estime que cette situation va à l'encontre de plusieurs principes fondamentaux, dont le droit à la protection de la santé inscrit à l'article 23 de la Constitution, le libre choix du médecin et la continuité des soins garantis par la loi relative aux droits du patient.

« Un code postal ne devrait pas séparer un patient de son médecin. C'est une frontière purement administrative qui a des conséquences humaines et sanitaires réelles », affirme la Commission Santé-Précarité de la FAMGB.

L'organisation formule deux demandes principales. Elle plaide d'abord pour le maintien automatique de la prise en charge lorsqu'un bénéficiaire déménage à l'intérieur de la Région bruxelloise, afin de préserver le libre choix du médecin et d'éviter que les formalités administratives ne deviennent un obstacle aux soins. Elle réclame également la désignation, dans chaque CPAS, d'un point de contact clairement identifié et accessible aux médecins généralistes et aux intervenants sociaux pour résoudre les litiges administratifs.

À travers cette publication, la FAMGB souhaite attirer l'attention sur ce qu'elle considère comme un enjeu de santé publique. Selon elle, la continuité des soins ne devrait pas s'arrêter à une frontière communale lorsque la relation de confiance entre un patient et son médecin existe déjà.

> La BD « Une rue trop loin... » est disponible en version numérique et téléchargeable.
Dessinateur : Florian Lamousse

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Derniers commentaires

  • Béatrice FIGA

    18 juin 2026

    Quid des patients pris en charge par les CPAS et qui viennent d'un autre continent, d'un autre pays, d'une autre province?
    Là, ce n'est pas une "rue trop loin".
    Mais un continent + loin
    Un pays + loin
    Une province + loin.
    Ils s'intégreront dans un nouvel écosystème.
    Avec un nouveau médecin.
    Voir peut-être enfin un médecin.

    La FAMGB fait un drama sur une fake news.
    Entre propagande et diffamation.

    Pas très relevé.


  • Béatrice FIGA

    18 juin 2026

    Fake News de la part de la FAMGB qui veut s'imposer comme intermédiaire avec les CPAS à la place des médecins traitants.

    1/ Quand une personne déménage de commune à Bruxelles, le médecin conseil peut -sans problème- autoriser- les malades à rester chez leur ancien médecin traitant.

    2/Quand une personne déménage, il est de loin préférable qu'elle soit soignée par un médecin de la commune qui octroie les allocations, les aides aux malades et qui peut les diriger vers leurs services sociaux les + adéquats.

    3/ Déménager, c'est changer d'écosystème.
    La proximité du CPAS de sa nouvelle commune est totalement avantageux pour la coordination de la prise en charge et la coordination des soins.
    A court ou à moyen terme, il bien + avantageux d'avoir un médecin traitant de la commune du CPAS dont la personne dépend.

  • Christine LAMBIN

    17 juin 2026

    C'est encore plus difficile quand le patient a une madie rare que peu de soignants connaissent et qu'il depend du CPAS !