Budget 2026 : santhea dénonce un nouveau coup dur pour les hôpitaux

Le Conseil général de l’INAMI a approuvé lundi le budget des soins de santé pour 2026. Dans un communiqué publié le même jour, la fédération hospitalière santhea alerte sur « une décision qui fragilise une fois de plus les hôpitaux », évoquant quelque 160 millions d’euros d’économies qui pèseront directement sur les institutions hospitalières.

Faute d’accord au Comité de l’Assurance, le gouvernement a imposé sa proposition budgétaire. Les fédérations hospitalières, qui ne disposent pas du droit de vote au sein du Conseil général, n’ont pu s’y opposer. Les mesures annoncées sont qualifiées de « coupes linéaires et incohérentes » par santhea.

Selon la fédération, 50 millions d’euros d’économies viseront l’hôpital de jour, 42 millions la pharmacie hospitalière, plus de 5 millions les conventions de revalidation, 67 millions les honoraires de biologie clinique et d’imagerie médicale, et 59,5 millions les prestations chirurgicales et techniques.

« Il est paradoxal de fragiliser les hôpitaux de jour et les pharmacies hospitalières au moment même où l’on demande au secteur de se transformer et de gagner en efficience », souligne Yves Smeets, directeur général de santhea.

L’organisation met aussi en garde contre l’impact de ces coupes sur les équipes et sur la qualité des soins. Elle rappelle que les coûts structurels des hôpitaux — notamment ceux des pharmacies hospitalières — continuent d’augmenter sous l’effet des normes, de l’inflation et des exigences technologiques, sans financement compensatoire.

Les ristournes pharmaceutiques, en diminution dans le contexte géopolitique actuel, ne suffisent plus à couvrir les charges croissantes. « Les mesures décidées pour 2026 effaceront complètement la maigre marge bénéficiaire que dégageaient nos hôpitaux et qui est indispensable pour assurer les investissements nécessaires dans la qualité des soins et les innovations technologiques », avertit encore santhea.

La fédération conclut en appelant à préserver un modèle de financement soutenable, estimant qu’« un modèle d’économie à courte vue » met en péril l’accessibilité à des soins de qualité en Wallonie et dans tout le pays.

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