Le GBO/Cartel demande la réactivation du remboursement des phono-consultations lors des épisodes de canicule et d'autres crises sanitaires. Le syndicat estime que cette mesure permettrait aux médecins généralistes d'assurer le suivi préventif des patients les plus vulnérables sans multiplier les déplacements, tout en facilitant l'application des recommandations du Collège de Médecine Générale (CMG).
À la suite des récentes vagues de chaleur, le CMG a publié plusieurs fiches pratiques destinées à aider les médecins généralistes à identifier les patients les plus fragiles, à adapter certains traitements à risque et à assurer un suivi avant, pendant et après les épisodes caniculaires.
Le GBO/Cartel soutient pleinement ces recommandations, mais estime que leur mise en œuvre se heurte à la réalité du terrain. Dans un contexte de pénurie de médecins généralistes, aggravé durant l'été par les congés, les praticiens assurent déjà la continuité des soins pour une patientèle élargie. « Leur demander, en plus de cette surcharge de travail, de contacter de manière proactive tous leurs patients fragiles sans leur donner les moyens de le faire risque de rendre ces recommandations difficilement applicables », souligne le syndicat.
Selon le GBO/Cartel, ces contacts sont pourtant essentiels. Ils permettent notamment de revoir certains traitements susceptibles d'aggraver les effets de la chaleur, de rappeler les mesures de prévention et d'identifier précocement les patients nécessitant une prise en charge. « Si cette anticipation n'est pas réalisée, les médecins généralistes pourraient demain se voir reprocher de ne pas avoir adapté les traitements ou assuré le suivi recommandé de leurs patients les plus vulnérables », avertit l'organisation.
Le syndicat annonce qu'il interpellera le ministre de la Santé ainsi que la Commission nationale médico-mutualiste afin que les phono-consultations puissent être remboursées lors des crises sanitaires liées aux fortes chaleurs ou à d'autres causes.
Le GBO/Cartel précise que cette demande est formulée indépendamment de la concertation qui devrait débuter à la rentrée concernant la réintroduction des consultations téléphoniques dans la pratique quotidienne des médecins généralistes. Selon lui, cette mesure d'urgence pourrait être mise en œuvre rapidement. « Le code de nomenclature existe toujours, son remboursement ayant simplement été ramené à zéro. » Sa réactivation, à hauteur de 10 euros par phono-consultation, permettrait aux médecins généralistes d'assurer ce suivi préventif indispensable sans multiplier les déplacements inutiles des patients ou des praticiens.
Par ailleurs, le GBO/Cartel demandera la convocation en urgence de la Concertation médico-pharmaceutique (CMP) afin d'organiser une collaboration renforcée entre médecins généralistes et pharmaciens lors des épisodes de canicule. Les pharmaciens pourraient contribuer à l'identification des traitements à risque et aux actions de prévention, tandis que le médecin généraliste conserverait son rôle de référent clinique et de coordinateur des soins.
Pour le syndicat, la multiplication attendue des épisodes de chaleur extrême impose désormais une réponse structurelle. Si les recommandations du CMG montrent la voie, « il appartient désormais aux autorités de donner à la première ligne les moyens de les appliquer pleinement ».








