Dépistage du cancer colorectal en Wallonie: pas si mal…

Questionnée par le député Alain Onkelinx, la ministre régionale de la Santé, Alda Greoli, a livré quelques statistiques sur le cancer colorectal et son screening parmi les Wallons. En 2017, plus de 30% de la population cible a été suivie, dit-elle; quant à la participation au dépistage de rappel, elle avoisine les 48%. Une nouvelle campagne de sensibilisation est à l’étude.

Ce sont 8.727 nouveaux cancers colorectaux qui ont été diagnostiqués en Belgique en 2015. La moitié des cas détectés le sont à un stage avancé. Or, repérés de façon précoce, ils se guérissent 9 fois sur 10, situe la ministre cdH. S’appuyant sur les recommandations tant de l’Union européenne que du KCE, la Wallonie propose un dépistage aux personnes asymptomatiques et sans antécédents personnels ou familiaux entre 50 et 74 ans. Elle rappelle la formule retenue, en 2009, pour lancer le programme: l’utilisation du seul test validé de l’époque, l’Hemoccult®, et le positionnement du MG au centre du processus. «Force a été de constater que ces deux éléments n’ont pas permis d’atteindre rapidement un taux de participation optimal», poursuit-elle.

Depuis 2016, la Région a basculé vers un test immunologique et «ouvert progressivement l’accessibilité au kit de dépistage pour toute sa population cible» -comprenez: sans nécessairement devoir attendre un courrier d’invitation et/ou se rendre chez le généraliste. Résultat, selon la ministre: un taux de participation qui augmente régulièrement «tout en fonctionnant dans un budget serré» (1).

Pour mémoire, tous les deux ans, la population cible est encouragée personnellement, par courrier postal, à accomplir le test (à retirer chez son médecin mais aussi auprès du Centre Communautaire de Référence pour le dépistage des cancers (CCR)). A l’exception d’une partie de ce public, déjà prise en charge hors du circuit organisé (via une coloscopie effectuée récemment, un test de dépistage réalisé en laboratoire privé…), précise Alda Greoli. «Ces personnes ne sont donc pas invitées, temporairement. Cela représente entre 17 et 20% de la population cible.»

Deux ans après un test négatif, les participants reçoivent directement un nouveau kit dans leur boîte aux lettres. D’après la ministre, «cette procédure garantit une plus grande fidélisation au programme de dépistage (…), un plus grand respect de la périodicité entre deux dépistages et décharge le médecin généraliste de ce rappel. La participation à ce dépistage de rappel est encourageante puisqu’elle avoisine 48%.»

L’an passé, en moyenne, 14,6% de la population cible a participé au dépistage organisé, continue la ministre Greoli. En tenant compte des 17 à 20% des gens suivis en dehors du programme (cf. supra), c’est globalement plus de 30% du groupe cible qui étaient suivis en 2017.

Enfin, depuis juin dernier, tout Wallon relevant de ce groupe peut commander le kit directement en ligne, sans attendre la lettre d’invitation. «Ceci a permis d’augmenter rapidement la participation au dépistage, pour atteindre jusqu’à 24% fin 2017 dans certaines régions.»
Enfin, il semble que plus de 75% des patients ayant eu un test FOBT positif font une coloscopie dont le résultat est connu au CCR.

(1) Depuis 2013, la Flandre expédie d’office ses kits au domicile des personnes, mais la moitié ne sont pas utilisés. Alda Greoli estime qu’il faudrait un budget annuel supplémentaire de +/- 1.550.000 € pour faire de même. Un investissement qui réclamerait au préalable «une analyse coûts-bénéfices plus approfondie».

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