Des quotas par hôpital: est-ce bien raisonnable à l’heure des réseaux?

 L’accord national médico-mutualiste 2018-2019 prévoit que pour le 30 juin prochain, la Commission nationale médico-mutualiste soumette au Comité de l'assurance des propositions de conventions avec des hôpitaux individuels afin d'améliorer l'approche des interventions chirurgicales complexes pour les tumeurs de l'œsophage et du pancréas. Pour l’Union professionnelle des chirurgiens belges, les propositions sur la table ne vont pas dans le bon sens.

«Nous ne sommes pas contre l’idée de la centralisation en tant que telle. C’est sûr que faire un pancréas par an dans un centre n’a pas de sens.  Mais certaines suggestions nous semblent ne pas du tout répondre à l’objectif initial d’accroître la qualité », indique le Dr Baudouin Mansvelt, président de l’Union professionnelle des chirurgiens belges.

Outre des questions d’accessibilité géographique, notamment dans des régions plus précarisées, ou encore d’atteinte à l’expertise et à la formation des chirurgiens de manière générale, le Dr Mansvelt s’interroge par rapport à la pertinence de fixer des quotas pour certaines pathologies par hôpital alors que tout le monde s’est fait à l’idée qu’il va falloir travailler en réseaux et que de nombreux réseaux sont déjà formés dans le pays.

« Dans les projets de textes actuels, des quotas sont fixés par institution, alors que toute la réforme hospitalière est axée sur la mise en réseaux… Cela a-t-il vraiment du sens ? », lance le président de l’Union professionnelle.

« Le système de quotas (par chirurgien, par centre) ici, comme souvent en médecine, nous semble totalement inapproprié. Lorsque l’on fixe des quotas, celui qui s’en approche risque de tenter d’augmenter son activité – avec de mauvaises indications - pour les atteindre », estime le Dr Mansvelt.

« En outre, d’un côté, la ministre veut créer des réseaux hospitaliers, mais de l’autre côté, elle fait fi de tout ce qui a été fait avant puisque les quotas proposés concernent une institution et non un réseau d’institutions… », fait remarquer le chirurgien.

« Au GBS Chirurgie, nous plaidons plutôt en faveur de projets réunissant plusieurs institutions, où en se mettant ensemble, elles s’engageraient à répondre à un certain nombre de critères d’ici un certain nombre d’années », indique encore Baudouin Mansvelt.

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