Des réponses sur mesure réclamées face à la pénurie en Luxembourg

La pénurie de médecins généralistes, de spécialistes et de dentistes continue de peser lourdement sur l’accès aux soins dans la province de Luxembourg. Dans un communiqué diffusé mardi, l’Union belge des prestataires de soins (UBPS) estime que cette situation impose des réponses « adaptées à la réalité du terrain » dans un territoire rural, étendu et frontalier.

Dans de nombreuses communes, les délais s’allongent et des cabinets ne prennent plus de nouveaux patients. L’UBPS décrit une situation « d’autant plus préoccupante » que le taux de pénurie y figure parmi les plus élevés du pays, dans une province où la mobilité constitue déjà un obstacle pour de nombreux habitants. L’organisation relève aussi que certaines zones comptent une proportion élevée de bénéficiaires du statut BIM, ce qui implique, selon elle, « une mission sociale renforcée pour les soignants ».

Les professionnels encore en activité supportent dès lors une charge de travail importante dans un contexte jugé déjà fragile. Pour l’UBPS, une réponse uniforme ne permettrait pas de corriger les déséquilibres observés sur le terrain.

L’organisation conteste en particulier le plafonnement des honoraires. « Le plafonnement des honoraires ne constitue pas une réponse adaptée », écrit-elle, en estimant qu’« on ne peut améliorer l’accessibilité aux soins si le nombre de prestataires continue à diminuer ». Dans une province frontalière comme le Luxembourg, l’UBPS considère en outre qu’une baisse d’attractivité de l’exercice en Belgique pourrait favoriser des départs vers le Grand-Duché, où « les soignants disposent d’une alternative professionnelle concrète ».

L’UBPS dit aussi observer des signes de report du côté des patients. Depuis le 1er janvier, « l’augmentation du coût de certains médicaments, notamment les IPP et les statines, pousse certains citoyens à franchir la frontière pour se les procurer à moindre coût », relève-t-elle. Selon l’organisation, cette évolution ne se limite pas à une question économique et « fragilise le suivi thérapeutique », dès lors que « la continuité et la cohérence des soins deviennent plus complexes » lorsque l’approvisionnement s’effectue hors du circuit national.

L’union professionnelle plaide dès lors pour une action plus en amont. Elle appelle à « créer des vocations dès l’enseignement secondaire », à organiser des immersions dans les métiers de la santé, à assurer un suivi des élèves intéressés, à développer les stages en province et à prévoir des incitants à l’installation dans les zones en pénurie.

Les aides financières existantes peuvent être utiles, mais elles ne suffisent pas à elles seules, fait valoir l’UBPS. « Créer des vocations locales, accompagner les jeunes tout au long de leur parcours et renforcer l’attractivité des territoires en pénurie sont des leviers indispensables », écrit-elle encore, en appelant à une réforme fédérale qui tienne compte des spécificités rurales et frontalières. Selon l’organisation, « une approche uniforme, appliquée sans différenciation territoriale, risque d’aggraver la pénurie dans les zones déjà fragilisées ».

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