Sur le terrain, le DMG ne remplit pas ses promesses. Accès incomplet aux données, absence d’alerte pour les nouveaux rapports, lourdeurs administratives répétées : pour les généralistes, ces dysfonctionnements entravent directement le suivi des patients. Le Dr Meuris, président de l’AGEF, appelle à des adaptations concrètes et urgentes pour rendre enfin le système opérationnel.
Au quotidien, la priorité des généralistes reste le soin au patient. Ils n’apprécient pas les complications administratives. Le Dr Meuris (photo), président de l'Association des médecins généralistes de l'Est francophone (AGEF), ne cache pas que, dans la pratique, certains éléments du quotidien peuvent être améliorés : « À partir du moment où un DMG (Dossier Médical Global) existe entre un médecin et son patient, il n'est pas normal que ce DMG ne couvre pas la période pour laquelle le médecin l'a fait et que nous devions réintroduire la carte d’identité. Le médecin doit avoir la possibilité d'aller l’examiner quand il le souhaite, même s’il n'a pas vu le patient récemment, examiner des rapports qui sont sur le Réseau de Santé Wallon (RSW). »
Une efficacité de soin en priorité
Cette évidence ne l’est toutefois pas sur le terrain : « Outre le fait que nous ne devions pas remettre la carte d'identité tous les deux mois, nous devrions pouvoir avoir accès à toutes les données de santé du patient. Ce n’est pas le cas. Nous le voyons quotidiennement dans les relations avec les médecins spécialistes ou les hôpitaux du CHC et du CHU de Liège, par exemple. D’autres médecins nous envoient des rapports via le RSW, mais sans avertissement. Nous ne savons donc pas que les rapports médicaux à propos de nos patients s’accumulent dans le système. Parfois, nous sommes même interpellés par les patients à propos de cette question », explique le Dr Michel Meuris.
Si un spécialiste prescrit un traitement ou réalise un examen, il doit transmettre un rapport à son médecin traitant… mais ce dernier décidera ensuite de l’intégrer ou non dans le DMG. Cela concerne les rapports de radiographie et d’imagerie, les avis de spécialistes, les comptes rendus d'hospitalisation… « Il est donc important que les professionnels communiquent bien entre eux. »
Mettre en place un signal qui aiderait le généraliste
De nombreux médecins rejoignent cette réflexion autour de ce manque. Le Dr Meuris propose qu’une alerte soit mise en place sur le DMG. « Concrètement, le DMG devrait nous permettre de garder la main sur l'ouverture du RSW tout au long du DMG du patient à partir de notre logiciel. Une alerte pourrait être mise en place lors de la présence de nouveaux rapports, et cela interpellerait le médecin : “Attention, tel rapport est présent là pour tel patient.” »
Il ne cache pas que la perte de temps des généralistes est très importante actuellement à ce niveau : « Nous n’avons pas le temps de faire défiler les rapports et tous les dossiers de tous les patients dans le système. »
Par ailleurs, en situation d’urgence, les services médicaux peuvent accéder à certaines données si le patient a donné son consentement préalable via les plateformes de santé. Cela peut aider à éviter des erreurs, comme l’administration d’un médicament si le patient est allergique. Toutefois, si son DMG n’est pas à jour ou si l’accès n’est pas autorisé, ces informations ne seront pas disponibles pour le médecin urgentiste, qui n’aura pas non plus le temps de rechercher des rapports d’examens qui viendraient d’être réalisés… s’ils n’ont pas été mis dans le DMG. « C’est pourquoi il est important de trouver un moyen pour que ce DMG reste en permanence le plus complet et accessible possible. Cela peut littéralement faire la différence dans une situation critique. »
Dans une réflexion plus large, le Dr Meuris va plus loin. « Je pense qu'il faut essayer de développer un RSW social, pas uniquement médical. À terme, cela doit aussi être une priorité des autorités. »









Derniers commentaires
Jean-marc DELAIVE
02 mai 2026+++ , depuis quelques temps , les spécialistes ne se "fatiguent" plus à envoyer leurs rapports au médecin traitant , se disant que de toute façon , ils n'ont qu'a aller voir sur le RSW . Or maintenant , on ne peut même plus le faire sans la carte dans le lecteur . Sans compter les lenteurs abominables et même honteuses pour accéder à un rapport (quand on le retrouve ) dans ce foutoir qu'est le RSW , on opère une belle marche-arrière dans l'optimalisation des soins ...
Paul DESSART
21 avril 20261°) il serait aussi indispensable que le lien thérapeutique soit maintenu minimum 12 mois après le décès d'un
patient. Il n'est pas rare que la famille d'un défunt demande de remplir des documents concernant l'une ou
l'autre Assurance-Vie. Impossible de retrouver des documents sur le HUB-RSW une fois le décès acté par la
Mutuelle.
2°) Certains médecins peu confraternels s'approprient le DMG d'un simple "CLIC", sans même le signaler au
patient. Ces derniers sont parfois étonnés et mécontents quand ils revoient leur M.T. étonné de cette
démarchent.
3°) Tous les week-ends, je vérifie les rapports reçus par mon logiciel médical, comme du temps où on recevait des
rapports par la Poste, et je les enregistre dans le dossier personnel du patient. Donc oui, on n'est pas prévenu
de l'ajout de divers protocoles.
MERCI de "réagir" à cette réponse. Dr DESSART la Hulpe
Alain Pierson
20 avril 2026Signé VDB le malain malsain
Robin GUEBEN
20 avril 2026*fin 2024 (j'ai confondu avec une autre discussion).
Cela me permet d'ajouter 2 choses :
- Les médecins généralistes forfaitaires se plaignent de la perte DMG-lien mais c'est surtout la perte DMG-prime qui les ennuient car auparavant, dès la carte d'identité passée-scannée dans une maison médicale au forfait, le DMG-prime était figé définitivement dans la maison médicale, puisque le renouvellement des DMG était fait automatiquement en maison médicale, alors que tous les 2 ans pour les MG libéraux.
Et pour délier un patient au forfait, c'est au bon-vouloir de la maison médicale et souvent après janvier...
- L'État considère qu'une carte d'identité non passée-scannée, cela veut dire que le patient est sain et qu'il n'y a donc pas eu de gestion de dossier. Cela reste logique mais soit il faut réinventer les revenus stables de MG, soit il faut le supprimer et rentrer en mode full libéral à l'américaine, mais on ne peut pas favoriser les prises de monopoles ainsi : ça détruit totalement le relais de profession et ça empêche difficilement un jeune de partir de zero.
Robin GUEBEN
20 avril 2026J'étais administrateur délégué à l'AGEF (j'ai démissionné) et je ne suis pas d'accord avec le président. Déjà fin 2023, j'ai eu un échange épistolaire avec Anne Gillet pour lui expliquer qu'il fallait plus de stabilité des DMG.
Un patient c'est une part de capital dans l'enveloppe globale des cotisations sociales. L'État fait la distinction entre les primes DMG pour le travail administratif des MG (revenus stables) et les prestations des MG sous régime libéral (revenus instables). Pourtant le lien de DMG pour le suivi médical n'est pas distinct du "bon au porteur" de cette partie de capital administratif financier.
Cela veut dire que si rien ne bloque la prise de lien, quand un MG autre prend le lien (si le MG officiel du patient est indisponible), il prend aussi la prime si celle-ci n'a pas été touchée en janvier de l'année suivant la prise de lien.
Les jeunes médecins n'arrivent ainsi souvent pas à pénétrer le capital administratif des DMG puisqu'ils se les font "voler".
Selon mes statistiques Careconnect, j'ai 2100 patients différents qui passent le seuil de mon cabinet chaque année, pourtant je n'ai jamais réussi à dépasser plus de 800 DMG de primes (je vous l'ai pourtant expliqué oralement lors de ma démission).
Soit mon nom sur le bon au porteur nécessite plus d'indélébilité (carte d'identité), soit il faut scinder le DMG-lien du DMG-prime.
NB : quasiment aucun SumEHR n'est envoyé sur le RSW. Ou alors ils sont vides.