Durées de séjours raccourcies en maternité : quid des réhospitalisations ?

Ce mardi, en commission de la Santé publique à la Chambre, la députée Catherine Fonck a interpellé la ministre De Block par rapport aux projets pilotes de séjours raccourcis en maternité et leurs répercussions en termes de réhospitalisation des jeunes accouchées.

En mars 2018, Maggie De Block avait déjà déclaré à la Chambre que les données d'activité des projets pilotes, récoltées à partir d'une auto-évaluation par les coordinateurs de projets, avaient été analysées par le SPF Santé publique et que la plupart des participants - patients et équipes de soins - étaient satisfaits de cette nouvelle modalité de prise en charge.

Avant d’aller plus loin, Maggie De Block a indiqué qu’il convenait de nuancer quelque peu l'interprétation des données du RHM. « Tout d'abord, ces chiffres permettent seulement de suivre un patient au sein d'un même hôpital. Autrement dit, son séjour dans un autre établissement ne sera pas pris en compte. Il convient aussi de savoir que chaque maternité participant à l'un des projets pilotes a déterminé ses propres critères d'inclusion et d'exclusion. Au bout du compte, ce ne sont donc que les jeunes mamans dont l'accouchement s'est déroulé sans complication et qui sont bien entourées à la maison qui sortent rapidement de l'hôpital. En d'autres termes, chaque projet pilote a déjà sélectionné les futures mères. Une comparaison entre les taux de réhospitalisation conduit par conséquent à des conclusions erronées ».

Pas plus de réhospitalisations !

Ces précisions étant apportées, voici les chiffres qui ressortent des rapports d'évaluation des projets pilotes : « 0,66 % des mères y participant nécessitent une réhospitalisation dans les trente jours qui suivent l'accouchement. Il n'est pas tout à fait correct de comparer ce taux aux données nationales et à celles de l'enregistrement du RHM. Pour ce dernier, l'approche diffère. On y note un taux de réhospitalisation de 0,96 % pour le premier semestre 2017 dans les hôpitaux participant aux projets pilotes, dans lesquels l'enregistrement du RHM se réfère à l'accouchement. Nous supposons que ce faible taux est dû au fait que seules les mères sans problème, dont le risque de réhospitalisation est faible, y figurent ».

Et la ministre de poursuivre : « Dans les hôpitaux hors projet pilote, le taux de réhospitalisation s'élève à 1,04 %, voire est un rien plus élevé. On ne constate donc presque aucune différence entre les hôpitaux contribuant aux projets pilotes et les autres. C'est positif, car cela indique que la qualité des soins est identique ».

Chiffres stables dans le temps

Enfin, la ministre a ajouté que ces mêmes taux de réhospitalisation étaient relativement stables dans le temps.

Au niveau national, on note un taux d'augmentation minimale de 0,95 % de réhospitalisation au 1er septembre 2014, contre 1,03 % au premier semestre 2017. « On peut donc constater que le taux de réadmission des mères reste relativement stable au cours du temps et varie très peu entre les mères prises en charge par les projets pilotes et celles prises en charge dans les autres hôpitaux. Je tiens toutefois à répéter qu'il convient d'interpréter ces chiffres avec prudence ».

 

 

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