Etat de la Wallonie: des chiffres toujours préoccupants malgré des frémissements positifs

Les chiffres affichés par la Wallonie restent préoccupants malgré des frémissements positifs et des perspectives encourageantes, a déclaré le ministre-président wallon Willy Borsus, mercredi, lors de sa présentation de l'Etat de la Wallonie au parlement régional.

En termes d'emploi, si le nombre de demandeurs d'emploi inoccupés est passé, en Wallonie, sous la barre des 200.000 en avril 2018 -198.279 exactement- l'écart avec la Flandre ne s'est pas résorbé. Quant au taux d'emploi, il reste, à 63,2%, très largement en-dessous de l'objectif européen à atteindre en 2020 (73,2%).

Parallèlement, si le PIB wallon a augmenté de 1,8% en 2017 et devrait croître de 1,9% cette année, sa croissance reste sous celle de la moyenne de la zone euro (+2,3%). «En 2016, le PIB par habitant wallon était de 27.220 euros (37.454 euros pour la Belgique et 38.288 euros pour la Flandre). En ce qui concerne le PIB par habitant, les moyennes belge et flamande étaient à notre niveau en 2003. Nous avons donc 14 ans de retard», a pointé Willy Borsus en se réjouissant par contre de la bonne santé des exportations wallonnes (41,9 milliards d'euros en 2017), du dynamisme des investissements régionaux ainsi que du moral "globalement bon" des ménages et des entreprises.

Mais malgré ces éclaircies, l'inquiétude resurgit quand il s'agit d'évoquer le social, avec 8,1% des Wallons vivant dans un ménage en situation de déprivation matérielle sévère, ou l'environnement pour lequel les efforts qui restent à fournir sont "immenses" même si les émissions de gaz à effet de serre ont été réduites de 35% depuis 1990.

Les prémices d'une amélioration sont certes visibles, mais ils resteront à l'état de frémissements sans un changement radical d'approche, sans des réformes profondes et structurelles. Nous ne pouvons nous contenter de notre situation actuelle, nous devons accélérer les réformes, interroger nos convictions, avoir de l'audace, bousculer les structures, soutenir le changement des mentalités", a résumé Willy Borsus.

«Il est clair que nous n'avons pas de temps à perdre. Il y a urgence à agir. Nous avons une obligation de rapidité, je dirais même d'immédiateté, dans la mise en place des réformes», a-t-il ajouté en assurant que 51% des mesures annoncées dans la déclaration de politique régionale «sont soit accomplies, soit substantiellement avancées, le parlement ou le gouvernement les ayant adoptées ou mises en oeuvre».

«Nous voulons poser un socle solide, créer un cadre, rénover les outils pour déployer l'avenir de la Wallonie. Mais notre action n'a évidemment de sens que si les Wallonnes et les Wallons construisent un projet sur ce socle. Nous devons prendre conscience que nous avons notre destin en main», a poursuivi Willy Borsus.

Fort de cette certitude, le ministre-président a proposé un "deal" - un "wal-deal", a-t-il plaisanté - aux citoyens.

«Notre gouvernement s'engage à poursuivre la rationalisation des structures, la mise en place d'une saine gouvernance et des outils performants. Nous réformons encore notre système fiscal pour encourager l'investissement et rendre du pouvoir d'achat. Nous investissons dans nos infrastructures pour qu'elles soient performantes. Nous réformons en profondeur pour que chacun puisse développer ses projets. Nous garantissons les droits afin que la solidarité soit concrète et totale lorsque la vie bascule», a notamment avancé Willy Borsus. «Mais, dans le même temps, j'encourage chacun à saisir les opportunités, à se mobiliser et à écrire quelques-unes des belles pages de l'avenir de notre Région», a-t-il conclu.

Les débats sur cet état de la Wallonie auront lieu demain/jeudi après-midi au parlement de Wallonie, à nouveau réuni en séance plénière.

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