« Non, il n’y a pas trop de lits de pédiatrie en Belgique », Pr Yvan Vandenplas

Le débat sur la pléthore de lits hospitaliers en Belgique revient régulièrement sur la table ces derniers temps. Des solutions de rationalisation sont avancées ci et là. Mais pour la pédiatrie, le Pr Yvan Vandenplas, président de l’Académie belge de pédiatrie et chef de service de pédiatrie à l’UZ Brussel, est très clair : « Non, il n’y a pas trop de lits de pédiatrie en Belgique ».

« Certes, il y a dans notre pays de nombreux hôpitaux périphériques qui n’ont que quelques enfants hospitalisés durant l’été. Mais en hiver, les lits sont pleins ! La semaine dernière encore, tous nos lits étaient occupés et nous avons dû transférer des enfants à Dendermonde », rapporte le pédiatre.

Le Pr Vandenplas a retourné le problème dans tous les sens, mais arrive chaque fois à la même conclusion : « En hiver, tous les lits de pédiatrie sont nécessaires. Donc, ce ne serait vraiment pas une bonne idée de venir en fermer. Il s’agit là d’une des grandes difficultés de la pédiatrie : ces infections virales banales en hiver demeurent si importantes qu’en hiver, on n’a pas suffisamment de lits et en été, on en a beaucoup trop. C’est une réalité qu’il faut accepter ».

En juillet dernier, les pédiatres avaient élaboré un texte de vision, qui stipulait déjà : « Une concentration minimale d’activités est nécessaire tout en maintenant une accessibilité suffisante et réaliste. Cette répartition doit se faire en tenant compte de différents facteurs objectifs comme les distances, la concentration de population, une répartition adaptée au territoire, le degré d’activité et  les pics saisonniers ».

Pour le président de l’Association belge des pédiatres, une option qui permettrait en effet de réaliser des économies – bien que modestes - serait de conserver le même nombre de lits mais en les répartissant sur moins d’hôpitaux, en d’autres termes de fermer certains services de pédiatrie. « Mais c’est une décision politique », ajoute-t-il.

Négociations au point mort

Entre-temps, les négociations avec le Cabinet De Block sont au point mort. « Nous avons été reçus au Cabinet de la ministre De Block au mois de juillet. Nous lui avions alors exposé notre texte de vision qui devait être une base de dialogue avec les autorités… Mais depuis lors, plus rien. Silence radio », observe Yvan Vandenplas.

Or, les pédiatres sont demandeurs d’un dialogue. « Les autorités entendent restructurer la pédiatrie. Nous avons bien reçu le message. Mais cela ne peut se faire qu’en dialogue », insiste le président de l’Académie.

 « Et l’idée des mini-services de pédiatrie de 7 lits qu’avait lancée le ministre flamand de la Santé, Jo Vandeurzen, a aussi entretemps été mise de côté. Je ne pense d’ailleurs pas qu’il se passera encore quelque chose sous cette législature », enchaîne le Pr Vandenplas.

Pistes pour des soins accessibles financièrement

« La difficulté des soins tertiaires est le fait que l’on travaille en ambulatoire, en multidisciplinarité et que tout cela est très mal financé. Dès lors, cela devient très onéreux soit pour l’hôpital, soit pour le patient », lance le pédiatre. Voici dès lors deux pistes envisagées par le Pr Vandenplas dans son service à l’UZ Brussel afin de « tenter de trouver un équilibre sain ».

« D’une part, nous nous lançons dans des projets de mobile health (par ex. le projet où la surveillance permanente de la glycémie du patient est envoyée au médecin, ce qui diminue le nombre de consultations). D’autre part, nous essayons de plus en plus de travailler avec des consultations en groupe. Par exemple, pour les enfants ayant des troubles alimentaires, c’est pratiquement la même histoire pour tous les parents et tous les enfants : ils vont chez le psy, chez la diététicienne, chez la logopède, chez le pédiatre,…. Et pour les prestataires de soins, c’est aussi une perte de temps d’expliquer la même chose pour chaque patient. Dès lors, nous envisageons maintenant de fonctionner avec des consultations en groupe. Si le prestataire de soins voit cinq enfants en même temps, l’honoraire qu’il demande est divisé par cinq, ce qui allège nettement la facture pour les parents », conclut Yvan Vandenplas.

 

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