« Scinder les honoraires mènerait au chaos », avertit Thomas Gevaert (Cartel)

La réforme de la nomenclature et du financement hospitalier représente, selon le président du Cartel, Thomas Gevaert, « le plus grand défi du secteur des soins de santé ». Si la révision de la nomenclature constitue « une excellente idée en soi », la scission prévue de l’honoraire en une partie intellectuelle et une partie liée aux coûts risquerait d’être « particulièrement défavorable pour les médecins hospitaliers », écrit-il mercredi dans un post sur LinkedIn.

Le Dr Gevaert avance trois arguments : « Premièrement, il est quasiment impossible pour les autorités de calculer correctement les coûts de pratique. La méthode retenue réduira structurellement la part intellectuelle, surtout lorsque les services avec des frais généraux élevés seront pris en compte. »

« Deuxièmement, les gestionnaires hospitaliers tentent d’attirer à eux la partie liée aux coûts. En échange, ils offrent une “co-gouvernance” limitée, mais les véritables perdants sont les médecins hospitaliers, qui perdent leur autonomie. »

« Troisièmement, à l’avenir, la composante “coûts” des honoraires médicaux sera en partie intégrée dans le budget des moyens financiers (BMF) et en partie dans le système forfaitaire. Le médecin perdra ainsi le contrôle de ses propres dépenses, ce qui entraînera davantage de dépendance, de bureaucratie et de discussions internes : on n’y retrouvera plus ses petits, et il faudra peut-être mendier en interne pour chaque dépense au niveau du service. »

« Le pouvoir se déplace encore vers les gestionnaires »

Pour le président du Cartel, il serait plus logique de limiter la révision à l’honoraire total, « sans aller jusqu’à le scinder ». « Sinon, la pratique hospitalière deviendra encore moins attrayante : en extramuros, les médecins conservent la maîtrise de l’ensemble de leurs honoraires, pas en intramuros. »

Il souligne encore d’autres inconvénients : le nouveau système en préparation sera « plus complexe, plus coûteux et plus bureaucratique », avec plusieurs flux financiers et une réglementation accrue. Les suppléments ne pourraient en outre plus s’appliquer que sur la partie intellectuelle, « ce qui exercerait une pression supplémentaire sur le revenu ».

« La question se pose aussi, ajoute-t-il, de savoir comment, avec un tel système, les médecins pourront encore entreprendre et innover à l’hôpital. »

Il conclut que « le cœur de notre système de santé, ce sont les prestataires de soins » et qu’« une réforme est nécessaire, mais la direction actuelle transfère encore davantage de pouvoir vers les gestionnaires, au risque de réduire la voix des médecins, d’accroître les coûts et de favoriser la fuite vers la médecine privée ».

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Derniers commentaires

  • Gilbert BEJJANI

    25 octobre 2025

    ???? Je peux être d'accord avec l'inquiétude de Thomas Gevaert sur les dangers de cette réforme et j'ai déjà exprimé cela dans ce même journal, mais je ne peux pas être d'accord sur le principe du refus de la réforme et ce pour plusieurs raisons.

    ???? Premièrement : toutes les spécialités n'ont pas les frais de la pratique inclus dans leur Nomenclature et cela crée une discrimination entre les médecins.

    ???? Deuxièmement : cette iniquité crée des différences colossales dans la valeur des prestations et accentue le problème des suppléments d'honoraires (exprimés en %) avec un bras de levier énorme pour les gros codes.

    ???? Enfin, parce que sans évolution vers un financement transparent, aucune possibilité de connaitre les vrais couts, les vrais frais et pour quels objectifs ces moyens sont alloués.

    ???? Il est temps de réformer et d'arrêter de freiner, en accentuant les dérives du passé, les iniquités et l'inefficience de manière générale.

  • Gilbert BEJJANI

    25 octobre 2025

    Je peux être d'accord avec l'inquiétude de Thomas et les dangers de cette réforme et je 'ai déjà exprimé dans ce même journal, mais pas sur le principe du refus de la réforme et ce pour plusieurs raisons.
    Premièrement : toutes les spécialités n'ont pas les frais de la pratique inclus dans leur Nomenclature et cela crée une discrimination entre les médecins, dans la Nomenclature
    Deuxièmement : cette iniquité crée des différences colossales dans la valeur des prestations, accentue le problème des suppléments d'honoraires ( exprimés en %) avec un bras de levier énorme pour les gros codes.
    Enfin, parce que sans évolution vers un financement transparent, aucune possibilité de connaitre les vrais couts, les vrais frais et pour quelle objectifs ces moyens sont alloués.
    Il est temps de réformer et d'arrêter de freiner, en accentuant les dérives du passé, les iniquités et l'inefficience de manière générale.

  • Benoit Collin

    23 octobre 2025

    La decision de scinder l'honoraire en deux parties part professionnel et cout de pratique ou frais de fonctionnement a ete prise par l'ensemble des partenaires notamment de la medicomut et validee par les gouvernements succesifs afin d'objectiver les deux parties et de reequilibrer les honoraires sur une base objective differente pour chaque partie. Mais d'une part cette fixation de chaque partie reste au main des organes de proposition des honoraires notamment pour les nouvelles prestations et d"autre part cela participe a la transparence des couts lies aux prestations alors qu'aujourdhui on ne sait pas ce que couvre les honoraires reellement ! Mais cela n'empeche pas ou meme cela oblige a construire ensemble un modele de gouvernance hospitaliere de ces moyens et de ces deux parties de l'honoraire sans pour autant retomber dans une negociation au niveau de chaque hopital ou de chaque discipline medicale ! Donc ne jetons pas le principe avec sa gouvernance !