En deux ans, beaucoup de choses ont changé au sein de l’ancien Groupement belge des médecins spécialistes . Le GBS est devenu FMS, a déménagé, s’est digitalisé et a renouvelé son équipe. Mais son président Stan Politis et son secrétaire général Ben De Brucker regardent surtout vers l’avenir.
Ceux qui ont connu l’ancien GBS se souviennent de l’imposante maison de maître de l’avenue de la Couronne, à Bruxelles. Aujourd’hui, la Fédération des Médecins Spécialistes (FMS) est installée dans un immeuble de bureaux moderne du boulevard Brand Whitlock. L’adresse n’est pas la seule chose à avoir changé. Nouveau nom, nouveau logo, équipe en grande partie renouvelée et, surtout, nouvelle manière de travailler.
Le président Stan Politis considère cette réorganisation comme l’un des principaux résultats de ces deux dernières années. L’ancien bâtiment, datant de 1896, a également été vendu. « Le socle à partir duquel nous allons pouvoir développer notre travail de fond est posé. Ce n’est peut-être pas toujours visible, mais c’était nécessaire pour pouvoir continuer à construire. Une organisation vieille de septante ans doit régulièrement faire peau neuve et se renouveler pour rester pertinente. »
« Plus de papier, tout dans le cloud »
Toutes les associations professionnelles affiliées sont désormais réunies sur une même plateforme de gestion des membres et un même logiciel, Odoo. Pour la première fois, la FMS dispose ainsi d’une vue claire de ses membres.
« Auparavant, les associations professionnelles évoluaient dans une zone grise totale », explique Stan Politis. « Il y avait très peu de retour d’information. Qui était affilié ? Comment évoluait le nombre de membres ? Quelle était la répartition des membres par âge ? Aujourd’hui, nous avons enfin une vue claire sur tout cela. »
L’équipe a également été entièrement renouvelée, à l’exception de deux personnes. « Le papier n’a plus sa place ici. Les serveurs ont disparu, tout est dans le cloud. Une véritable transformation numérique a eu lieu. »
Ben De Brucker est encore dans une phase de transition comme secrétaire général. Il travaille en étroite collaboration avec Donald Claeys, l’actuel secrétaire général, qui continuera à l’accompagner pendant les deux prochaines années. Ben De Brucker prendra ensuite pleinement le relais et Donald Claeys conservera un rôle de soutien.
« La répartition des tâches est claire et nous nous concertons chaque mois », explique Ben De Brucker. Il a entre-temps contribué à finaliser le dossier des codes INAMI extramuros d’une valeur > K120/N200, désormais soumis à l’INAMI. « La FMS a pris les devants dans ce dossier. »
« Nous sommes le back-end, les syndicats le front-end »
La modernisation s’est également traduite, en décembre 2025, par un changement officiel de nom. Le GBS est devenu FMS (Federation of Medical Specialists). L’inspiration est notamment venue de la jeune génération de médecins. Depuis deux ans, la fédération collabore étroitement avec BeMSA, la Belgian Medical Students’ Association.
L’équipe de la FMS a été impressionnée par la collaboration entre étudiants en médecine néerlandophones et francophones. « Il arrive que l’on passe un samedi entier dans un auditoire avec 150 à 200 étudiants de toutes les universités. Ce qui frappe, c’est qu’ils communiquent sans difficulté entre eux en anglais. »
Une appellation historique comme « Groupement » parle de moins en moins à cette génération tournée vers l’international. L’organisation a donc opté pour un nom reconnaissable à l’échelle internationale, qui indique immédiatement qui elle représente : les médecins spécialistes.
La FMS ne veut toutefois pas devenir un syndicat médical. Stan Politis résume la différence par une image. Les syndicats constituent le « front-end » et sont les « médecins sur les barricades » : ils peuvent réagir et intervenir rapidement. La FMS est davantage le « back-end », avec plus de latitude pour approfondir les dossiers propres aux différentes disciplines médicales.
« Le positionnement actuel de la FMS est correct »
« Ce que beaucoup de médecins ignorent, c’est qu’en tant qu’organisation non syndicale, il est impossible d’occuper une position formelle au sein de l’INAMI. » La FMS représente en revanche les médecins notamment au sein des commissions d’agrément, du Conseil supérieur et de nombreux autres organes. Au niveau européen, elle est la seule organisation belge à jouer un rôle par l’intermédiaire de l’UEMS, l’Union européenne des médecins spécialistes.
« Je trouve que le positionnement actuel de la FMS est correct », explique Stan Politis. Les syndicats représentent à la fois les médecins généralistes et les spécialistes et tirent leur poids des élections médicales. La FMS est, elle, une organisation de membres représentant les spécialistes. « Ce qui compte, ce n’est pas le positionnement par rapport aux syndicats. Il est plus important que les médecins actifs dans les deux organisations collaborent correctement. C’est l’ensemble qui compte et qui fait la différence. »
En interne également, la FMS souhaite renforcer l’unité. Trente-deux associations professionnelles sont désormais affiliées. En septante ans, seules trois associations professionnelles ont quitté le GBS : celles de dermatologie, d’ORL et d’anesthésie. Stan Politis et Ben De Brucker souhaitent les faire revenir.
La FMS doit maintenant convaincre les jeunes médecins
Pour la FMS, le prochain défi se situe plus près d’elle : convaincre les jeunes médecins de s’affilier à leur association professionnelle. C’est nécessaire pour rajeunir l’organisation, mais aussi pour préserver sa santé financière.
Ben De Brucker apporte à cet égard son expérience d'un important congrès qu'il organise en Flandre depuis 13 ans , le "Medische Wereld". « L’un de mes grands atouts est que je parviens à mettre tout le monde sur la même longueur d’onde sans que cela provoque de conflits. »
Le congrès lui a également permis de se constituer un vaste réseau. Bart De Wever, Alexander De Croo, Maggie De Block, Frank Vandenbroucke et Petra De Sutter, entre autres, y ont déjà pris la parole. Ces contacts peuvent être utiles au sein de la FMS. « Les décisions ne se prennent pas toujours autour de la table de réunion. Elles se prennent souvent aussi en coulisses ou par l’intermédiaire de contacts personnels. »
Après deux ans de présidence de Stan Politis, la métamorphose de l’organisation est bien avancée. Depuis décembre 2025, l’organisation renouvelée porte officiellement le nom de FMS. Le bâtiment, l’équipe et l’infrastructure numérique ont changé. Parallèlement, la fédération souhaite réunir davantage d’associations professionnelles autour de la table et attirer une génération plus jeune.
À suivre : Quotas, cogouvernance et réseaux hospitaliers : les dossiers sur lesquels la FMS veut peser








