Philippe Devos: “Soulagé que les anesthésistes ne partent pas en grève”

Le Dr Philippe Devos, chef associé du service d’anesthésiologie du CHC de Liège et administrateur de l’Absym,  était l’un des orateurs aux Etats-Généraux des anesthésistes ce samedi. Préalablement à son exposé, il a souligné qu’il venait y défendre avant tout la position de l’Absym. Au sortir de ces Etats-Généraux, il se disait soulagé que les anesthésistes ne partent pas en grève.

En effet, dans ce dossier de la forfaitarisation des soins à basse variabilité qui a déclenché la colère des anesthésistes et qui les a réunis ce samedi, on peut observer des différences d’opinion à plusieurs niveaux: d’une part, entre francophones et néerlandophones, et d’autre part, entre les anesthésistes et l’Absym..

Une différence Nord/Sud

Dès l’annonce de ces Etats-Généraux, on a pu observer un engouement différent au Nord et au Sud du pays, ce qui s’est traduit finalement par une salle remplie à 90% d’anesthésistes néerlandophones pour seulement 10% de francophones.

Pour Philippe Devos, l’explication réside essentiellement dans le fait que les anesthésistes francophones craignaient que ces Etats-Généraux ne débouchent sur une grève, ce qu’ils ne souhaitaient pas. “Une grève aurait été une réaction beaucoup trop forte par rapport à ce qui se passe actuellement avec les forfaits. Clairement, nous avons bien d’autres préoccupations, comme les réseaux par exemple.”

"Le véritable problème n’est pas le forfait, mais bien le risque que la masse d’honoraires pour l’anesthésie diminue. On ne prend pas non plus la médiane comme point de référence, mais bien ‘la médiane plus X” dans une enveloppe forfaitaire fermée. Tant que l’on ne touche pas aux honoraires, nous ne devons pas monter au créneau. Si par contre, demain, on décide quand même de les réduire, alors bien sûr, nous réagirons tous. Mais il y aura d’ici là alors probablement déjà un autre gouvernement et un autre ministre de la Santé. Devons-nous aller faire grève contre la ministre libérale pour avoir un ministre CD&V dans quelques années?”, lance Philippe Devos.

"Les francophones perçoivent bien sûr le risque actuel, mais ils ne souhaitent pas encore activer l’arme de la grève. Ils ne le feront que si cela a un effet. Pour l’instant, les francophones, nous voulons nous focaliser sur le plus important: les réseaux. En Flandre, ils sont déjà bien organisés, en Wallonie pas du tout! Et à cet égard, les anesthésistes craignent plutôt pour la disparition du qartier opératoire dans lequel ils travaillent….”, ajoute le Dr Devos.

Une position plus modérée de l’Absym

Dans ce dossier, l’Absym a aussi une position plus modérée que les anesthésistes. “En fait, l’Absym est un peu ennuyée dans ce dossier. Elle comprend les préoccupations des anesthésistes, mais elle essaie aussi de voir la situation dans sa globalité. Si une association professionnelle sort du forfait, que va-t-il se passer pour toutes les autres?”

"Je ne dis pas que ce système de forfait est le meilleur, mais ce n’est pas non plus le plus mauvais. Selon moi, ce n’est pas une bonne idée d’y déployer toute notre énergie avec une grève nationale. J’estime qu’il serait vraiment très dommageable de devoir aller dire aux patients qu’ils ne pourront pas être opérés de leur cancer directement car nous sommes en grève… Une autre possibilité serait que nous sortions de l’accord… C’est une question de stratégie… », conclut Philippe Devos.

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