En huit ans, la fréquentation des postes médicaux de garde bruxellois a plus que doublé. En 2024, la majorité d’entre eux ont enregistré plus de 4 000 contacts-patients, contribuant ainsi à réduire l’afflux aux urgences, comme l’illustre le cas du CHU Saint-Pierre.
Depuis 2014, l’ASBL Garde bruxelloise-Brusselse Wachtdienst (GBBW) assure un service de garde bilingue accessible à tous les Bruxellois à travers des postes médicaux de garde (PMG) répartis sur l’ensemble du territoire régional : Bruxelles 1000, à côté de l’hôpital Saint-Pierre ; Schaerbeek, à côté de l’hôpital Paul Brien ; Etterbeek, dans la clinique de l’Europe Saint-Michel ; Anderlecht, sur le site Bracops ; et Forest, sur le site Molière. Plus récemment, un poste a ouvert sur le site du Centre hospitalier universitaire Saint-Pierre, ainsi qu’à Ixelles, à la polyclinique du Solbosch (« PMG 1050 »). Enfin, l’ouverture d’un huitième PMG est toujours envisagée prochainement à Koekelberg.
La fréquentation a plus que doublé en huit ans
Ces services voient leur fréquentation augmenter, comme l’a confirmé Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé : « Le nombre total de contacts-patients est passé de 24 000 en 2016 à 39 000 en 2024. Au niveau des postes médicaux de garde proprement dits, la fréquentation a évolué de 10 000 contacts-patients en 2016 à 27 000 en 2024, la différence étant constituée par les visites à domicile. Après un creux bien compréhensible en 2020, au regard de la pandémie de Covid-19, l’évolution est constante depuis 2021. La majorité des postes médicaux de garde ont enregistré plus de 4 000 contacts-patients en 2024. »
Utilité ? Le CHU Saint-Pierre le prouve
Pour ce qui est de l’effet généré sur les urgences hospitalières, il n’existe pas de statistiques consolidées. « Néanmoins, le projet de collaboration entre la Garde bruxelloise (GBBW) et le CHU Saint-Pierre apporte des éléments de réponse : plus de la moitié des patients qui arrivent au poste du CHU Saint-Pierre proviennent du service des urgences. Il y a donc bien un désengorgement de ce dernier. »
Pour rappel, les postes médicaux de garde sont financés à hauteur de 90 % par l’Inami. La Cocom finance le solde, notamment par le biais du numéro unique, du soutien aux campagnes de communication, ainsi que de la promotion du bilinguisme et des cours de langue.
Travailler sur le bilinguisme
La Cocom octroie annuellement, par le biais de subsides facultatifs, un financement à l’ASBL GBBW pour développer une politique de bilinguisme pour les gardes de médecine générale dans la Région. « En 2024, ce subside s’élevait à 120 000 euros. Le rapport d’activité sera bientôt disponible. Concernant le nombre de certificats de bilinguisme délivrés, sur les 117 médecins certifiés bilingues par la GBBW depuis 2018, il en restait 44 assurant des gardes bilingues en 2024. Les autres sont progressivement partis ou n’assurent plus de gardes. »
Le manque de tri
Concernant l’utilisation du numéro 1733, mis en place par le SPF Santé publique, nous notons toujours l’absence de la phase 2 de sa gestion, qui consiste en un tri médicalisé lors de l’appel. « Ce tri permettrait une réorientation beaucoup plus efficace des patients vers le service approprié. Aujourd’hui, le 1733 est redirigé sur les lignes de la GBBW via un centre d’appels qui réceptionne toutes les demandes, mais qui n’est pas habilité à effectuer un tri médicalisé », conclut le ministre.
Le défi reste de mieux faire connaître ce service à l’ensemble des Bruxellois et dans toutes les langues de la capitale.








