En Wallonie, le projet RAMPE-âge 2.3, porté par la SSMG et la SSPF (Société scientifique des pharmaciens francophones), mise sur l’interdisciplinarité pour mieux accompagner les patients palliatifs. Médecins généralistes, pharmaciens et infirmiers y travaillent sur des problématiques très concrètes de première ligne. Un soutien utile pour le MG, même si le projet reste fragilisé par des financements annuels incertains.
À l’origine, l’initiative répondait à un besoin de formation en soins palliatifs. RAMPE (Réseau d’Aide en Médecine Palliative Extra-muros) a été lancé par la SSMG en 1998. Mais ses promoteurs ont rapidement constaté les limites d’une approche centrée sur une seule profession. « Parler des soins palliatifs chacun de son côté, c’est bien, mais c’est l’interdisciplinarité qui permet la prise en charge la plus adéquate possible », résume le Dr Vincent Momin, responsable de la cellule soins palliatifs de la SSMG. Le projet a donc associé les pharmaciens dès le départ, puis les infirmiers de première ligne.
RAMPE-âge 2.3 ne crée ni nouveau trajet de soins ni couche administrative supplémentaire. Le projet cherche plutôt à fluidifier ce qui bloque souvent au domicile : la circulation d’informations utiles, la compréhension du rôle de chacun et le réflexe de contact entre professionnels. Le médecin peut suspecter une dégradation clinique, le pharmacien repérer un problème d’adhésion, l’infirmier voir au quotidien ce que les autres ne perçoivent pas. « Vous pouvez parler d’insuffisance rénale entre médecin et pharmacien, mais l’infirmier, lui, dira peut-être : “Les médicaments, ce sont les plantes qui les prennent, parce que le patient les met dans le terreau.” », illustre le Dr Vincent Momin. Sans échange interprofessionnel, une partie décisive de la réalité échappe au médecin traitant.
Sur le plan organisationnel, le projet repose sur des cellules provinciales articulées autour d’un médecin, d’un pharmacien et d’un infirmier de référence. Cette organisation laisse à chaque province une marge d’initiative pour construire ses formations en fonction de ses réalités de terrain, de ses besoins et des expertises disponibles.
Un projet utile, mais encore fragile financièrement
Si RAMPE-âge 2.3 semble faire consensus sur le terrain, sa pérennité reste suspendue à une question beaucoup plus terre à terre : le financement. Le projet dépend de subsides annuels, souvent confirmés tardivement, ce qui complique fortement sa gestion. « L’an dernier, nous avons beaucoup navigué à l’aveugle : l’arrêté ministériel n’est arrivé que le 24 décembre », souligne Sophie Lixon, coordinatrice du projet à la SSMG. Cette incertitude pèse d’autant plus que le dispositif repose sur du temps soignant à reconnaître et rémunérer : pilotage, préparation des contenus, formations. Le Dr Vincent Momin rappelle qu’une montée en puissance exigera inévitablement davantage de moyens.
En parallèle, le projet continue d’évoluer à partir des besoins remontés du terrain, toujours en faveur de davantage d’interdisciplinarité au bénéfice du patient. « Kinésithérapeutes et ergothérapeutes ont entièrement leur place autour de la table, évidemment. Mais il faut aussi tenir compte de la réalité organisationnelle du projet », tempère le Dr Vincent Momin. Réunir durablement le trio infirmier-médecin-pharmacien n’est déjà pas simple dans toutes les provinces.








