Suppléments d’honoraires : l’ABSyM dénonce un débat « démagogique » et appelle à un retour au contexte

Le président de l’Association belge des syndicats médicaux (ABSyM-BVAS), le Dr Patrick Emonts, dénonce dans un communiqué diffusé mardi la manière dont le ministre de la Santé présente la question des suppléments d’honoraires. Il évoque un discours « démagogique, incomplet et trompeur » qui stigmatise injustement les médecins et appelle à un débat fondé sur des chiffres contextualisés.

Selon le Dr Patrick Emonts, les données publiées récemment par l’Agence intermutualiste (AIM) sont présentées sans éléments essentiels de compréhension. Il cite en particulier l’absence de prise en compte des rétrocessions hospitalières et du rôle des assurances complémentaires dans la facture finale supportée par les patients.

La part prélevée par les hôpitaux sur les suppléments d’honoraires varie fortement d’un établissement à l’autre, rappelle-t-il. Dans certains cas, ces montants conditionnent directement l’équilibre financier des institutions. « Certains hôpitaux assurent littéralement leur survie grâce aux suppléments d’honoraires », souligne-t-il.

Un autre angle mort du débat concerne, selon lui, la couverture par les assurances complémentaires. La proportion effectivement prise en charge par ces assurances n’est que rarement intégrée dans l’analyse publique, alors qu’elle modifie sensiblement la charge réelle pour les patients.

Faiblesse des honoraires de base et hausse des coûts

L’augmentation générale des suppléments s’explique d’abord par des facteurs structurels, estime le président de l’ABSyM. Il pointe la faiblesse persistante des honoraires de base et l’explosion des coûts d’exploitation dans les hôpitaux et les cabinets médicaux.

« Le médecin gagne moins bien sa vie aujourd’hui qu’il y a dix ou quinze ans. Certains ont perdu 30 % en quelques années », affirme-t-il, évoquant une érosion progressive des revenus nets malgré une activité clinique inchangée, voire en augmentation.

Des situations problématiques jugées marginales

Contrairement aux messages alarmistes relayés dans le débat public, la grande majorité des patients sont, selon lui, correctement protégés. Les situations de facturation excessive restent marginales. « Dire que le patient se retrouve systématiquement avec des factures insupportables est une fake news », estime le Dr Patrick Emonts.

Il rejette l’idée d’un système généralisé d’abus et rappelle que moins de 1 % des médecins posent réellement problème en matière de suppléments d’honoraires.

Appel à un débat « honnête et complet »

Le président de l’ABSyM dénonce un débat qu’il juge volontairement nourri par des raccourcis médiatiques. « On tente de faire le buzz médiatique avec des chiffres flous, hors contexte », déplore-t-il.

Il critique également une approche politique qui généralise à partir de cas isolés pour justifier des décisions préconçues. Lassé d’une narration présentant les médecins comme des « exploiteurs » ou des « tricheurs », il appelle à un débat « honnête et complet », intégrant les structures hospitalières, les mécanismes de rétrocession et les couvertures d’assurances.

L’ABSyM invite enfin les autorités, les mutualités et l’ensemble des acteurs de la santé à un dialogue constructif et à utiliser les données disponibles pour identifier et corriger les véritables dérives, « dans l’intérêt des patients comme des médecins ».

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