L’Union belge des prestataires de soins (UBPS/BUG) estime que le débat public sur les suppléments d’honoraires masque une réalité plus profonde : un décalage croissant entre les coûts réels de fonctionnement des cabinets et la valorisation des actes médicaux.
Selon l’UBPS, les coûts liés à l’exercice — énergie, personnel, matériel et fonctionnement — ont augmenté depuis 2005 de 60% à 80%. Sur la même période, l’inflation générale s’est située autour de 40% à 50%, tandis que les honoraires indexés via l’INAMI n’ont progressé que de 20% à 30%.
Ce déséquilibre s’inscrit, selon l’organisation, dans un contexte de hausse continue des charges, de complexification du système de soins et d’alourdissement des exigences administratives. Une part croissante du travail lié aux actes médicaux reste par ailleurs non rémunérée : appels aux patients, coordination des soins, organisation des pratiques, démarches administratives liées aux mutualités, transmission des résultats, certificats et suivis, ainsi que des actes sans réelle nomenclature.
Ces activités, pourtant essentielles à la qualité et à la continuité des soins, ne sont que partiellement reconnues dans les mécanismes actuels de rémunération, poursuit l’UBPS. L’organisation renvoie également aux analyses du KCE, selon lesquelles les coûts indirects et les exigences organisationnelles représentent une part croissante du travail de soins, insuffisamment reflétée dans les mécanismes actuels de rémunération.
« Les actes médicaux ne reflètent plus le travail réellement fourni », résume l’UBPS. Ce décrochage progressif fragilise, selon elle, la pratique de terrain et pose la question de la soutenabilité du modèle actuel, tant pour les professionnels que pour les patients.
L’organisation appelle dès lors à une réflexion structurelle afin de réaligner les mécanismes de financement avec la réalité du terrain, de garantir l’accessibilité des soins et de préserver l’attractivité des professions concernées.

L’UBPS précise que les données présentées reposent sur Statbel pour l’évolution de l’inflation, l’INAMI pour l’évolution des honoraires et les mécanismes d’indexation, le KCE pour les analyses des coûts indirects, l’organisation des soins et les évaluations économiques, ainsi que Sciensano et le SPF Santé publique pour l’évolution des coûts de santé et les indicateurs systémiques.
Les estimations relatives à l’évolution des coûts des cabinets reposent sur une approche agrégée fondée sur l’évolution des coûts salariaux, l’augmentation des charges énergétiques et la croissance des exigences administratives et organisationnelles. Cette approche, selon l’UBPS, est cohérente avec les recommandations méthodologiques du KCE en évaluation économique en santé et vise à refléter l’évolution réelle des coûts de fonctionnement des pratiques. Les valeurs avancées doivent être interprétées comme des ordres de grandeur destinés à illustrer des tendances structurelles.








