La députée Anne-Catherine Goffinet (Les engagés) a interpellé le ministre sur les pénuries persistantes dans certaines spécialités en Belgique francophone, particulièrement en province de Luxembourg. Elle cite notamment des difficultés en ophtalmologie, psychiatrie, pédopsychiatrie, neurologie ou encore gériatrie, et demande s’il ne serait pas possible de « lier le numéro INAMI à un ordre médical sous-régional, pour une durée limitée ».
Le ministre souligne que « la Commission francophone des sous-quotas, en collaboration étroite avec les doyens des facultés de médecine, joue un rôle clé dans l’affectation équilibrée des augmentations de quotas entre les différentes spécialités ». Selon lui, « l’analyse des attestations distribuées au cours des trois à quatre dernières années montre un dépassement répété par rapport aux sous-quotas suggérés dans les chiffres de la Commission fédérale de planification pour certaines spécialités, notamment en médecine générale. Cela démontre les efforts positifs des facultés pour orienter les candidats en médecine vers les spécialités en pénurie ou en tension ».
Pour 2026, la Commission francophone propose de maintenir la plupart des sous-quotas minimaux déjà en vigueur en 2025, avec l’ajout de la médecine physique et de la médecine d’urgence. Yves Coppieters précise également que « cette année, deux sous-quotas maximums » sont proposés. « L’ajout de la spécialité radiodiagnostic ainsi que de la chirurgie orthopédique s’explique par des attestations attribuées en excès au cours des dernières années dans ces spécialités au regard des chiffres générés par la Commission fédérale de planification et de l’absence de pénurie ressentie dans ces domaines », explique-t-il.
Les sous-quotas minimaux proposés pour 2026 sont les suivants : 338 places en médecine générale, 47 en médecine d’urgence, 27 en psychiatrie adulte, 18 en gériatrie, 12 en médecine physique, 12 en biologie clinique, 10 en psychiatrie infanto-juvénile et 8 en anatomie pathologique. Des plafonds sont également proposés pour le radiodiagnostic (20) et la chirurgie orthopédique (18).
Le ministre insiste néanmoins sur les limites d’une augmentation des quotas. « Le temps de formation impose un délai incompressible : les diplômés mettront encore plusieurs années à s’installer. C’est pourquoi des mesures structurelles doivent également être prises, notamment en matière de stages et de formation en milieu rural. De nombreux acteurs soulignent l’importance cruciale des stages effectués en zones sous-dotées, qui conditionnent fortement les choix d’installation des jeunes médecins, lesquels doivent donc y être sensibilisés. »
Le Centre de coordination francophone pour la formation en médecine générale (CCFFMG), associé aux travaux de la Commission de planification francophone, a également mis en place un plan d’action pour favoriser les stages en zones rurales et dans les zones de pratique prioritaire. Parmi les pistes avancées figurent une meilleure répartition des stages sur le territoire, la limitation du nombre de stagiaires par maître de stage et l’organisation de stages dès le master.
« Ces mesures s’accompagnent d’une réflexion sur la durée et la nature des stages : le secteur se penche aussi sur la question du maintien du stage en milieu hospitalier et d’une certaine durée de stage en médecine générale, pas nécessairement en zone de pénurie, mais avec un cadre incitatif pour aller en milieu rural », conclut le ministre.









Derniers commentaires
Abbas MROUE
08 mai 2026َA part un vieux reflex corporatiste et d'exclusivité,je ne vois aucune raison de former plus d'ophtalmo surtout si la nouvelle nomenclature permettra de limiter les dépenses INAMI dans cette spécialité "très hautaine".
Patrick Durez
08 mai 2026Ne pas oublier la rhumatologie au vu du nombre croissant de malades souffrant de rhumatismes inflammatoires et systémiques. Un grand nombre d'hôpitaux en Wallonie et à Bruxelles n'ont pas de service de rhumatologie structuré. Il y a 2 fois plus de rhumatologues au Danemark.
Merci de relayer ce message à Mme Goffinet et au ministre
Bien cordialement
Patrick
Prof Patrick Durez
Chef de Service- Head of Department
Service de Rhumatologie- Rheumatology Department (RUMA 5390)
Cliniques Universitaires Saint-Luc UCLouvain
Avenue Hippocrate 10
B-1200 BRUXELLES
Phone: 3227641111 bip 5389 or 3227645389 Fax: 32.2.764.53.94
Dominique HENRION
07 mai 2026Je suis très heureux de lire aujourd'hui que le Ministre est favorable à ma proposition de rendre possible le remplacement des stages hospitaliers par un stage en milieu de pénurie.
"Ces mesures s’accompagnent d’une réflexion sur la durée et la nature des stages : le secteur se penche aussi sur la question du maintien du stage en milieu hospitalier et d’une certaine durée de stage en médecine générale, pas nécessairement en zone de pénurie, mais avec un cadre incitatif pour aller en milieu rural », conclut le ministre."
Cette proposition a fait l'objet d'une table ronde de l'OUMRu (https://lnkd.in/ea4ZgWX6) en décembre dernier.
Robin GUEBEN
06 mai 2026Alleluia pour les urgentistes, ça a été difficile, purée... Le problème avait déjà été abordé à la CoAMU il y a 2 ans !
Prochaines étapes académiques :
- passerelles entre la MG et les urgences par formations universitaires avec compétences acquises et possibilité de travailler aux urgences sans devoir reprendre 6 ans en tant qu'assistant salarié et permettant au généraliste de faire plus que des fonctions de PPCU.
- gériatres +++
- internistes généraux +++
- médecins généralistes psycho-sociaux du travail : zero (franchement virez les profs et chargés de cours forfaitaires communistes).
- médecins généralistes spécialisés en épidémiologie et gestion des préventions et du onehealth : +++++++
Prochaines étapes d'attractivité :
- la concierge médecine de MG ne peut plus reposer sur le forfait et les DMG : il y a 2 poches de capital qui se sont formées et fermées sur les jeunes qui commencent et qui les empêchent de se développer professionnellement.
- le structurel-soignant hospitalier doit être mieux rémunéré, au détriment du structurel-administratif hospitalier.