Tests prédictifs : Yves Coppieters plaide pour un cadre déontologique

Une récente étude internationale menée par la UK Biobank, reposant sur l’analyse approfondie de biomarqueurs sanguins chez près de 500 000 personnes, met en évidence la possibilité de détecter, par une simple prise de sang, l’apparition future de maladies graves, telles que certains cancers, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires ou encore des pathologies neurodégénératives, et ce avant l’apparition des premiers symptômes.

Interpellé au Parlement wallon, Yves Coppieters, ministre de la Santé, rappelle que « lorsque ce dépistage par prise de sang sera disponible pour le corps médical, des questions éthiques et déontologiques, comme l’annonce des résultats aux patients, vont survenir. C’est une question que nous avons déjà abordée avec nos autres entités fédérées, car l’INAMI est impliqué dans cette question et un code déontologique doit encore être défini pour encadrer à la fois l’acte, mais aussi les données personnelles des patients. Par ailleurs, il nous paraît évident que cette analyse prédictive ne sera pas disponible pour toute la population et cela pose également une question d’équité. »

« Notre système de santé est-il prêt ? »

Actuellement, le ministre « soutient une étude prospective menée par l’Université de Liège, portant sur l’impact potentiel des scores de risque polygénique sur les stratégies de prévention en santé pour des pathologies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et les cancers, dont le cancer du sein. »

Pour rappel, le score de risque polygénique est un calcul de scores via des algorithmes précis qui permettent de déterminer le niveau de risque, pour un individu, de développer telle ou telle maladie. « Il introduit une nouvelle médecine préventive qui pourrait aller jusqu’à prédire les maladies auxquelles un individu sera potentiellement confronté durant sa vie. Si le travail de validation de ces scores de risques polygéniques est un élément fondamental – ce n’est pas encore le cas actuellement –, l’évaluation de la maturité de notre système de santé à accueillir ces tests et l’acceptabilité par les parties prenantes sont des éléments essentiels. Il s’agit précisément des objectifs de cette étude. »

Pour le ministre, « cette approche pose différentes questions en termes d’acceptabilité, d’éthique et d’impact environnemental. Toutes ces questions doivent être abordées dans cette étude. Des collaborations scientifiques sont en cours pour explorer ces nouvelles démarches préventives. Les résultats obtenus viendront nourrir nos réflexions sur l’intégration éventuelle d’outils prédictifs innovants dans les politiques futures de prévention. »

Yves Coppieters se permet enfin d’ajouter qu’« il semble important de rappeler que plusieurs facteurs de risque de cancer sont évitables et que notre responsabilité première, en tant que pouvoir public, est de sensibiliser, ou en tout cas de favoriser des modes de vie sains. »

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